Ebola : l’OMS annonce une épidémie dans le nord-est de la RDC, trois morts

Par Jeune Afrique avec AFP

L'épidémie d'Ebola a montré au grand jour la faiblesse des structures de premiers soins en Afrique. © Abbas Dulleh/AP/SIPA

Une épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée dans le nord-est de la République démocratique du Congo, où elle a fait trois morts depuis le 22 avril, a annoncé ce vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un communiqué.

Trois personnes sont décédées des suites de la maladie Ebola depuis le 22 avril dernier selon l’OMS qui indique qu’une épidémie touche une zone de forêt équatoriale dans la province du Bas-Uélé, au nord-est de la RDC, région frontalière de la Centrafrique.

Dans une déclaration faite à la télévision publique, le ministre de la Santé congolais Oly Ilunga a confirmé la survenue de la maladie tout en appelant la population « à ne pas céder à la panique ». La RDC « vient de prendre toutes les dispositions utiles pour riposter promptement et efficacement à cette nouvelle épidémie de la maladie à virus Ebola », a-t-il affirmé. L’OMS a indiqué de son côté qu’elle « travaille en étroite collaboration » avec les autorités congolaises « pour faciliter le déploiement des matériels de protection et du personnel sur le terrain afin de renforcer la surveillance épidémiologique et contrôler très rapidement l’épidémie » qui s’est déclarée dans une zone difficile d’accès.

Des équipes d’investigation en route

Selon l’OMS, les premières équipes des spécialistes de plusieurs domaines sur la lutte contre la maladie devraient rejoindre la zone touchée dans les 48 heures au plus tard. L’organisation médicale ALIMA (The Alliance For International Medical Action), a annoncé dans un communiqué que son équipe « d’investigation se rend à Likati avec du matériel de protection et des médicaments pour prendre en charge les cas suspects et confirmés ».

Il s’agit de la huitième épidémie d’Ebola dans le pays depuis la découverte de ce virus sur le sol congolais en 1976. La dernière remonte à 2014. Rapidement circonscrite, elle avait fait officiellement 49 morts dans République démocratique du Congo. L’épidémie congolaise était distincte de celle de l’Afrique de l’Ouest, la plus grave jamais déclarée, qui avait fait plus de 11.000 morts en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia, entre 2013 et 2015, suscitant un effroi mondial.

Mieux identifier les « super-propagateurs »

Près de trois ans après cette grande épidémie, la publication d’une étude menée par une équipe de chercheurs américains et britanniques parue en février 2017 a révélé qu’environ 3% seulement des personnes infectées par le virus Ebola ont été responsables de 61% de toutes les contagions sur le continent. Autrement dit, il aura suffi de l’infection de quelques personnes pour que le virus se répande sur toute une partie de l’Afrique de l’Ouest, faute d’avoir pu identifier ceux que l’étude appelle les « super-propagateurs ».

Aujourd’hui, les scientifiques estiment qu’une meilleure compréhension de ces « super-propagateurs » du virus aurait permis de mieux les cibler et d’intervenir plus efficacement plutôt que de concentrer tous les efforts sur l’ensemble des populations. Pire, selon les chercheurs, si ces « super-propagateurs » avaient été complètement identifiés, près des deux tiers des infections auraient pu être évitées.