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RDC : l’ANR n’en a pas fini avec Moïse Katumbi

Moïse Katumbi, dernier gouverneur du Katanga, dans le sud de la RDC, le 21 février 2015 à Lubumbashi. © Gwenn Dubourthoumieu pour JA

Pour Moïse Katumbi, les ennuis politico-judiciaires se suivent et se ressemblent. Selon une réquisition à expert datant du 25 avril et dont Jeune Afrique a pu consulter jeudi une copie, le dernier gouverneur du Katanga, dans le sud de la RDC, se trouve à nouveau dans le collimateur de l'Agence nationale de renseignement (ANR).

Par l’entremise de Vicky Ngoie Kabongo, son directeur de cabinet, Kalev Mutond, administrateur général de l’Agence nationale de renseignement (ANR), a en effet « [requis] les directeurs généraux de la DGDA (Direction générale des douanes et accises), DGRAD (Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participation ) et DGI (Direction générale des impôts) de [lui] prêter leurs ministères en [lui] communiquant la situation fiscale de la société Mining Company of Katanga (MCK) durant la période allant de 1997 à 2017. » Soit de la création de cette société par Moïse Katumbi, lorsqu’elle faisait encore de la sous-traitance dans la mine souterraine de Kamoto (Kolwezi), à nos jours.

En novembre 2015, la famille Katumbi avait revendu MCK  à Necotrans. D’après nos informations, le groupe français, en difficulté, chercherait aujourd’hui un nouveau repreneur.

Le document consulté par Jeune Afrique recommande par ailleurs aux responsables de ces régies financières de communiquer à l’ANR « les identités des associés de (MCK) et la répartition de leurs parts sociales », soulignant que « l’accomplissement de ce devoir est obligatoire et que faute d’y obtempérer, ils encourront les sanctions (…) » prévues dans le code pénal.

Un « acharnement », selon l’entourage de Katumbi

« Où est passée la justice en RDC ? Pourquoi c’est à l’ANR d’instruire ces responsables pour enquêter sur MCK ? » interroge un proche de Moïse Katumbi. Pour lui, « c’est encore là une démonstration de l’acharnement de ce service de renseignement contre un opposant qui fait peur au régime ».

Fin juin, Katumbi a été condamné à trois ans de prison dans une affaire immobilière, après avoir été inculpé d’atteinte à la sûreté de l’État dans une autre affaire de recrutement de mercenaires étrangers.

« Comme ces deux mascarades ont fait un flop après notamment le rapport confidentiel des évêques catholiques, l’ANR essaye de monter un autre dossier politico-judiciaire contre Katumbi », dénonce-t-on dans l’entourage de l’ancien gouverneur en exil, candidat déclaré à la présidentielle en RDC.

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