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Côte d’Ivoire : des tirs de militaires entendus à Bouaké et Abidjan

Un militaire ivoirien à Abidjan en octobre 2015. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Au lendemain d'une cérémonie annonçant la fin des mutineries, des militaires mécontents ont tiré en l'air à Bouaké mais aussi à Abidjan, la capitale économique, et plusieurs autres villes du pays ce vendredi 12 mai. Une réunion du Conseil national de sécurité avait lieu ce midi.

La situation restait tendue et confuse ce vendredi midi à Bouaké, où des soldats tiraient toujours en l’air. Ces coups de feu ont commencé à retentir dans la soirée de jeudi à vendredi, quelques heures après l’annonce à la télévision nationale du renoncement des mutins « à toute revendication financière ».

La veille, le sergent Fofana, présenté comme le porte-parole des 8 400 soldats qui s’étaient mutinés dans les casernes ivoiriennes début janvier, avait en effet annoncé la fin du mouvement de contestation. Devant le chef de l’État Alassane Ouattara, il avait présenté ses « excuses » au nom des 8 400, annonçant que ces derniers renonçaient « définitivement à toute revendication d’ordre financier ».

Quelques instants plus tard, le président ivoirien avait répondu « croire à la sincérité de leurs paroles ». « Je vous demande que cela ne se reproduise plus », avait-il ajouté lors de cette déclaration enregistrée mercredi mais diffusée jeudi soir.

Début janvier, des mutineries avaient éclaté dans plusieurs casernes ivoiriennes. Les mutins, qui réclamaient le paiement de primes, avaient obtenu un premier versement de 5 millions de francs CFA (7 600 euros) en janvier. Si le gouvernement s’est toujours refusé à évoquer toute négociation financière, un autre versement, attendu pour le mois de mai, avait été réclamé par les mutins.

Inquiétude à Bouaké

L’annonce de ce renoncement jeudi soir a visiblement suscité leur mécontentent. À Bouaké, deuxième ville de Côte d’Ivoire et ex-fief de l’ancienne rébellion, plusieurs dizaines de militaires ont tiré en l’air au niveau du corridor nord jusque tard dans la nuit de jeudi. En signe de protestation contre les annonces de la veille, ces derniers se sont de nouveau réunis vendredi matin devant le bataillon du Génie.

Des tirs retentissaient toujours vendredi midi à Bouaké. « Nous avons entendu des tirs en l’air toute la matinée. La situation est tendue, nous sommes inquiets, mais tous les commerces n’ont pas fermé », a témoigné un commerçant du centre-ville de Bouaké, contacté vendredi midi. Selon l’AFP, le campus universitaire de la ville a en revanche fermé ses portes.

Tirs entendus à Abidjan et Man

Des tirs se sont également fait entendre dans la matinée à Abidjan, en provenance du camp d’Akouedo mais aussi du camp de Gallieni, situé au Plateau, le quartier des affaires de la capitale économique. Les accès à cette zone ont été bloqués.

Selon une source diplomatique européenne, une réunion du Conseil national de sécurité avait lieu ce midi.

La contestation a gagné d’autres villes du pays, dont Man et Guiglo, dans l’ouest, mais aussi Odienné, dans le nord-ouest de la Côte d’Ivoire. « Des militaires ont bloqué les accès aux routes principales et effectuent des tirs de sommation. Ils revendiquent le paiement de primes », a témoigné un habitant de Man, contacté vendredi midi.

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