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Football – Didier Ovono : « C’était un honneur de jouer pour le Gabon »

Dider Ovono à Libreville en janvier 2017. © Sunday Alamba/AP/SIPA

International depuis 2003, Didier Ovono (106 sélections) a décidé de mettre un terme à sa carrière internationale. Le gardien de but des Panthères, en fin de contrat à Ostende (Belgique), et qui a joué au Salvador, au Portugal, en Géorgie et en France, explique sa décision à Jeune Afrique.

Jeune Afrique : Disputerez-vous les deux prochains matches du Gabon, le 3 juin à Libreville contre la Zambie en amical, et le 10 juin au Mali, en qualifications pour la CAN 2019 ?

Didier Ovono : Non. Je crois que le moment est venu de prendre du recul par rapport à la sélection, et de laisser la place aux jeunes. Cela fait quatorze ans que je suis international. J’ai disputé quatre phases finales de Coupe d’Afrique des nations [en 2010, 2012, 2015, et 2017, NDLR], j’ai plus de 100 sélections. J’ai beaucoup donné à mon pays, qui m’a aussi beaucoup apporté. C’était un honneur de jouer pour le Gabon.

Pourquoi arrêtez-vous ?

J’ai 34 ans, et je suis en fin de contrat avec Ostende. Cela veut dire qu’au moment où je vous parle, je n’ai pas de club pour la saison prochaine. Ma priorité, c’est donc de retrouver une équipe. Si je pars en sélection fin mai, je ne serai pas en situation pour trouver un club.

Avez-vous subi des pressions, alors que vous étiez international ?

Oui, notamment cette année. J’avais décidé d’aller disputer la CAN. Pour moi, il était inconcevable de ne pas jouer cette compétition avec le Gabon, chez moi, dans mon pays [Ovono est né à Port-Gentil, NDLR]. Les dirigeants d’Ostende ne voulaient pas que j’y aille, mais j’y suis allé. À l’époque, l’autre gardien d’Ostende, Silvio Proto, était blessé. Le club a donc engagé un autre gardien en mon absence, ce qui était logique.

Et que s’est-il passé à votre retour du Gabon ?

Je n’ai plus joué. Pas un seul match. De numéro 1, je suis devenu numéro 3. Les matchs, je le ai regardés depuis le banc ou les tribunes. C’est une situation difficile à vivre. Le club est celui qui donne un salaire tous les mois aux joueurs. C’est un choix à faire que de partir pour participer à la CAN, en pleine saison. Je peux comprendre que certains joueurs hésitent à rejoindre leur sélection, car ils peuvent perdre leur place en revenant.

Comment éviter qu’une telle situation se reproduise ?

Il serait préférable d’harmoniser les calendriers. Pour les dates de la CAN, je pense qu’il vaudrait mieux la faire jouer en juin, comme l’Euro. Il y a aussi une autre question à se poser : souvent, les sélections africaines jouent plusieurs matchs en juin. Des matchs amicaux, et des matchs qualificatifs pour la CAN ou la Coupe du Monde.

Prenez l’exemple d’un joueur qui termine son championnat en Europe vers le 21 mai. Il va rejoindre sa sélection vers le 27, et sa sélection va disputer deux matchs jusqu’au 10 juin. Il aura moins de vacances, alors qu’il est fatigué par la saison.  Il faudrait peut-être terminer plus tôt…