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Tunisie : deux mois de prison ferme pour un t-shirt jugé insultant envers la police

Par Jeune Afrique avec AFP

Une voiture de la police tunisienne à Sousse. © Darko Vojinovic/AP/SIPA

Deux Tunisiens ont été condamnés mardi à deux mois de prison ferme pour "outrage public" en raison d'une citation hostile à la police imprimée sur un t-shirt.

Selon des médias locaux, un jeune, dont l’identité n’a pas été dévoilée, a été interpellé vendredi dans un café de Sousse, ville côtière à l’est de la Tunisie, alors qu’il portait un t-shirt personnalisé sur lequel était écrit : « Si la femme se fait corrompre elle devient une putain, et si l’homme se fait corrompre il devient policier ».

D’après les mêmes sources, le propriétaire de l’imprimerie a ensuite été arrêté à son tour. « Le porteur du t-shirt a été poursuivi pour outrage public et l’imprimeur pour participation à un outrage public. Ils ont été condamnés mardi à deux mois de prison ferme », a déclaré mercredi à l’AFP le procureur-adjoint du tribunal de première instance de Sousse, Zahia Sayadi.

Un « outrage public »

Selon elle, « le fait de porter ce t-shirt dans la rue revient à insulter publiquement tous les policiers en les traitant de corrompus ». Cela « relève de l’outrage public », a-t-elle assuré. Les condamnés ont désormais dix jours pour faire appel.

En 2013, un rappeur tunisien, Weld El 15, avait été condamné à deux ans de prison pour « outrage à la police » du fait d’une chanson diffusée en ligne et intitulée « Boulicia Kleb » (« les policiers sont des chiens », en arabe). Après de multiples péripéties judiciaires et quelques semaines en prison, il avait vu sa peine réduite à six mois avec sursis. Cette affaire avait été considérée à l’époque comme une atteinte aux libertés dans la Tunisie post-révolution.