Mémoire de l’esclavage : que restera-t-il du quinquennat de François Hollande ?

François Hollande à l'Élysée, le 12 janvier 2017. © Ian Langsdon/AP/SIPA

À quelques jours de la fin de son mandat, François Hollande s'apprête à présider ce mercredi les commémoration de la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition. Il y a un peu plus d'un an, il s'était engagé à doter la France d'une fondation dédiée à la mémoire de l'esclavage. Où en est ce chantier ?

C’est un quinquennat marqué par les cérémonies – devoir de mémoire et hommages aux victimes du terrorisme entre autres – qui s’achève en France. Le dimanche 14 mai, le président François Hollande passera le flambeau à son successeur Emmanuel Macron.

En attendant, ce mercredi 10 mai, le chef de l’État français sortant présidera la dernière cérémonie de son mandat, au jardin de Luxembourg à Paris, où sera commémorée la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition. La présence d’Emmanuel Macron est annoncée mais « pas encore confirmée », selon l’Élysée.

À peine élu et avant son investiture en 2012, François Hollande avait, pour sa part, décidé d’assister à la commémoration de l’abolition de l’esclavage, malgré l’absence du président sortant Nicolas Sarkozy. Depuis, il a assisté, chaque année, aux cérémonies de la journée nationale des mémoires de l’esclavage.

Une promesse (non tenue) de Jacques Chirac

Le 10 mai 2015, François Hollande a par ailleurs inauguré le Mémorial ACTe, le centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage, à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Et l’année suivante, à Paris, il a indiqué qu’il souhaitait « donner à la mémoire de l’esclavage une institution qui lui manque encore ».

À l’origine, c’était une promesse de Jacques Chirac. En 2006, alors président de la République française, il avait chargé le poète martiniquais Édouard Glissant de réfléchir aux modalités de création d’une institution consacrée à la mémoire de l’esclavage. Mais le rapport qui en avait résulté était resté lettre morte.

Près de dix ans plus tard, en mars 2016, François Hollande sollicite l’économiste franco-béninois Lionel Zinsou pour qu’il se penche, à son tour, sur la création d’une fondation pour la mémoire de l’esclavage. Un rapport est déposé un an plus tard, en mars 2017, sur le bureau Bernard Cazeneuve, chef du gouvernement français.

La fondation verra-t-elle le jour ?

Dans ce document, l’ancien Premier ministre du Bénin recommande entre autres la mise en place d’un « groupement d’intérêt public » (GIP) pour préparer la création de la fondation.

Les statuts de la structure ont été entérinés début mai et le GIP ainsi doté d’un budget de 560 000 euros. Il devrait se pencher sur trois principaux projets : un monument à Paris pour la mémoire de l’esclavage, la recherche d’un lieu mémoriel et l’organisation d’expositions.

Il devrait en outre être présidé par Jean-Marc Ayrault, proche de François Hollande et ministre français des Affaires étrangères. Cinq personnalités devraient l’appuyer dans sa charge, dont le juriste sénégalais Doudou Diène, l’entrepreneur Olivier Laouchez, la réalisatrice Leïla Sy, la politologue Françoise Vergès et Lionel Zinsou. Objectif : parvenir à transformer le GIP en fondation consacrée à la mémoire de l’esclavage en… 2018.