Maroc : deux ans de prison ferme pour le jeune chauffard ivre à la Ferrari

Par Jeune Afrique

Le jeune homme a provoqué un accident à Rabat, avec sa Ferrari. © © أحدات المغرب TV/Youtube/Capture d'écran

Le jeune homme ivre au volant de sa Ferrari qui avait provoqué, en avril dernier, un accident à Rabat a été condamné à deux ans de prison ferme lundi. Il avait lui-même publié sur les réseaux sociaux une vidéo de sa folle soirée, suscitant alors l'indignation sur la toile.

Le jeune homme d’une vingtaine d’années qui avait provoqué un tollé au Maroc en avril après s’être filmé totalement ivre au volant de sa Ferrari, provoquant un accident et se moquant des policiers venus établir le constat a été condamné lundi 8 mai à deux ans de prison ferme assortis d’une amende de 20 000 dirhams pour « conduite en état d’ivresse » et « défaut d’assurance auto » selon l’agence marocaine de presse (MAP).

Celui-ci avait enflammé les réseaux sociaux le mois dernier en publiant lui-même une vidéo en quatre séquences, retraçant sa soirée, manifestement bien arrosée, dans la nuit du 16 au 17 avril, à Rabat. On le voyait d’abord en boîte de nuit, puis ivre au volant d’une Ferrari, une bouteille de champagne à la main. Il apparaissait ensuite, débraillé devant une voiture accidentée, se moquant des policiers venus établir le constat d’une collision qu’il semblait avoir provoquée. Les images avaient été largement relayées sur les réseaux, avec notamment les hashtag #constateur, ou #Monsieur_le_Constateur, référence faite à la manière dont le jeune homme avait interpellé le policier présent sur les lieux de l’incident, lui lançant : « Qu’est-ce que tu constates monsieur le constateur ? » Dans un communiqué rendu public peu de temps après, la police avait précisé que la voiture du jeune homme avait heurté trois véhicules arrêtés à un feu rouge sur une avenue de la ville.

L’indulgence des forces de l’ordre pointée du doigt

Si les internautes s’étaient en partie amusés de l’air hébété du garçon et de son insolence, la vidéo avait également suscité l’indignation, plusieurs Marocains qualifiant le chauffard de « fils à papa » et dénonçant le sentiment d’impunité éprouvé par le jeune homme, visiblement issu d’une famille aisée. La presse locale s’était également étonnée de l’indulgence des forces de l’ordre à son égard, à commencer par le quotidien arabophone Al Massae qui pointait du doigt un « traitement de faveur » envers « un fils de notables impliqué dans un grave accident ». Toujours selon la presse locale, le jeune homme, issu d’une famille influente, est le neveu d’un richissime homme d’affaires de la ville de Laâyoune, au Sahara occidental. Il ferait également partie de la famille d’un ministre du gouvernement.