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Soudan du Sud : l’ex-général Thomas Cirillo prend la tête d’une rébellion armée contre Salva Kiir

Un camp de réfugiés à Djouba , capitale du Soudan du Sud, le 11 juillet 2016. © Jason Patinkin/AP/SIPA

En février dernier, l'influent général Thomas Cirillo avait démissionné, accusant le président sud-soudanais Salva Kiir de "nettoyage ethnique" au profit des Dinkas, dont ce dernier est issu. Ce mardi 8 mai, Cirillo a annoncé être à la tête d'un mouvement armé destiné à renverser le chef de l’État sud-soudanais.

Cette annonce risque encore d’amplifier la guerre civile qui a éclaté au Soudan du Sud, la plus jeune nation du monde, en 2013, à peine deux ans après sa création. Avec 30 000 hommes revendiqués au moins, le « Front de salut national » de Thomas Cirillo fédère en réalité quatre groupes rebelles, selon l’agence Bloomberg qui relaye l’information.

« Nous sommes certains qu’avec un peu d’armement, les armes légères dont nous disposons, avec notre zèle et notre esprit révolutionnaire, nous serons capables de mettre en déroute les forces de Salva Kiir », a déclaré l’ancien général dans une interview qu’il a accordée à Addis Abeba, capitale de l’Éthiopie voisine. Une menace à laquelle n’a pour l’instant pas répondu la présidence sud-soudanaise.

« Domination ethnique »

Alors numéro deux de la division logistique au sein de l’état-major, Thomas Cirillo affirmait dans sa lettre de démission en février dernier avoir « perdu patience vis-à-vis de la conduite du président et commandant en chef, du chef d’état-major et d’autres officiers supérieurs », issus de l’ethnie dinka.

Le président et ces officiers de la SPLA, l’armée gouvernementale « ont systématiquement torpillé » l’accord de paix signé en août 2015, estimait le lieutenant-général, membre de l’ethnie bari, réputé influent et respecté par les partenaires étrangers du Soudan du Sud.

Ils ont également cherché « à mettre en oeuvre l’agenda » d’un Conseil d’aînés de l’ethnie dinka, à savoir le « nettoyage ethnique », le « déplacement forcé de populations » et la « domination ethnique », assurait le lieutenant-général, évoquant des crimes contre l’humanité.

Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud a plongé en décembre 2013 dans une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts et plus de 3 millions de déplacés, malgré le déploiement de quelque 12 000 casques bleus.

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