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RDC : regain de tension à une semaine du retour du corps de l’opposant Étienne Tshisekedi

Hommage à Étienne Tshisekedi, leader de l'opposition congolaise, à Bruxelles, le 5 février 2017. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

L’entrepreneur belge chargé de construire le mausolée de l’ancien leader de l’opposition dans le quartier de Limete, à Kinshasa, a été arrêté jeudi 4 mai, avant d’être relâché le lendemain, a appris Jeune Afrique en exclusivité. Le fils de l’opposant, Félix Tshisekedi, dénonce « l’hypocrisie » du gouvernement et assure que le retour du corps est maintenu pour le 12 mai.

Cela fait plus de trois mois, maintenant, que le corps de l’opposant congolais Étienne Tshisekedi repose à Bruxelles, en attendant son rapatriement à Kinshasa. Après plusieurs reports, son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), avait annoncé unilatéralement l’arrivée de la dépouille à Kinshasa pour le 12 mai. Mais à une semaine de la date, la tension resurgit.

Bruno Michaux, un ressortissant belge dont l’entreprise de construction a été chargée de construire un mausolée pour le corps au siège du parti, à Limete, a été arrêté à Kinshasa le jeudi 4 mai, avant d’être relâché ce vendredi à la mi-journée.

« La police m’a arrêté hier vers 19h alors que je sortais de la permanence de l’UDPS à Limete, a-t-il affirmé à Jeune Afrique. Les agents affirmaient que je construisais le mausolée sans autorisation, ce qui est faux. J’attendais justement l’autorisation et je travaillais seulement sur la construction d’une fosse septique ».

32 000 dollars saisis

« Ils m’ont mis les menottes et m’ont emmené au commissariat de [la commune] de Lemba puis à l’Inspection générale de la police, poursuit ce Belge qui dit vivre en RD Congo depuis 40 ans. Pendant ce temps, des hommes armés, en civil, mais qui portaient des bottes de militaires, ont attaqué ma maison. Ils l’ont pillée, ont cassé le coffre et sont repartis avec 32 000 dollars et mon passeport, affirme-t-il, très remonté. On m’a relâché [ce vendredi] à midi en me disant que c’était une erreur ! »

La police congolaise n’était pas immédiatement disponible pour commenter ces affirmations. Ce nouvel épisode intervient alors que les relations entre la Belgique et la RD Congo sont déjà tendues. Kinshasa a décidé de rompre sa coopération militaire avec Bruxelles le 12 avril dernier. Bruno Michaux doit être reçu à son l’ambassade de Belgique pour voir quelles suites donner à son interpellation, contre laquelle il a l’intention de porter plainte.

Le lieu de l’inhumation du corps d’Étienne Tshisekedi fait toujours l’objet d’un désaccord entre ses partisans et les autorités. Jusqu’à présent, le gouvernement entend faire respecter l’obligation légale de l’enterrer dans un cimetière et refuse donc qu’il soit inhumé au siège de l’UDPS à Limete. Il n’a pas délivré d’autorisation pour la construction du mausolée.

Malgré cet incident, Félix Tshisekedi, le fils d’Étienne, affirme que le retour du corps est maintenu pour le vendredi 12 mai. « Cela montre l’hypocrisie des autorités, assure-t-il à Jeune Afrique. Mais nous maintenons la date. Le gouvernement n’aura qu’à assumer ses responsabilités ».

Le retour du corps doit néanmoins se faire par un « vol spécial » qui nécessite une autorisation d’atterrissage des autorités aéroportuaires à Kinshasa. L’imbroglio est encore loin d’être démêlé…