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Les ministres de la Défense de la Cen-Sad réunis à Abidjan pour plancher sur la lutte antiterroriste

Des soldats de la garde présidentielle malienne, à Bamako, le 21 novembre 2015. © Jerome Delay/AP/SIPA

Renforcement de la coopération militaire, création d'un centre de lutte contre le terrorisme : les délégations des 28 pays membres de la communauté des États sahélo-sahariens (Cen-Sad) étaient présents du 1er au 5 mai à Abidjan pour renforcer leur arsenal face aux défis sécuritaires de la région.

Après l’Égypte l’an passé, c’était au tour de la Côte d’Ivoire, frappée par l’attentat de Grand-Bassam en mars 2016, d’accueillir du 1er au 5 mai les débats axés sur le terrorisme lors de la sixième réunion des ministres de la Défense des pays membres de la Communauté des États sahélo-sahariens (Cen-Sad), organisation créée en 1998 dans la Libye de Mouammar Kadhafi.

Douze ministres de la Défense, venus du Burkina Faso, du Mali, de l’Égypte ou encore de la Guinée, ont ainsi planché à Abidjan sur les défis sécuritaires posés à la région, où sévissent plusieurs groupes terroristes, dont Boko Haram, Aqmi ou encore l’État islamique.

Au cœur des discussions : la mise en place d’un centre sahélo-saharien de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, dont le siège sera implanté au Caire, a-t-on appris vendredi 5 mai. Objectif : améliorer la coopération en matière de renseignement, mais aussi favoriser le partage d’expérience en matière de formation.

Prochaine session des ministres en 2018 au Nigeria

Un organisme déjà annoncé l’an passé lors d’un précédent sommet à Charm elCheikh, mais dont les contours n’ont pas été précisés à Abidjan. « Le centre devrait être opérationnel d’ici huit mois, avant la prochaine session des ministres de la Défense, qui aura lieu en 2018 au Nigeria », explique-t-on au sein du ministère ivoirien de la Défense. Reste que les modalités de financement du centre, tout comme ses prérogatives et ses moyens humains, n’ont pour l’heure pas été arrêtées.

« Nos organisations ont toujours de belles idées, mais les mécanismes pour leur mise en place ne suivent pas toujours », explique Arthur Banga, enseignant-chercheur sur les questions militaires à l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan. « Sa mise en place serait une bonne chose, tout comme le fait que la communauté, à l’origine plutôt axée sur le développement économique, ait intégré dans son giron les questions de défense et de terrorisme », précise le chercheur.

Renaissance de la Cen-Sad ?

Léthargique depuis la mort de Kadhafi, son principal bailleur de fonds, la Cen-Sad tente de reprendre des couleurs sous l’impulsion du Tchadien Idriss Déby Itno, également à la manœuvre du G5 Sahel, organisation devenue omniprésente en matière de lutte contre le terrorisme.

« Les défis liés au terrorisme sont effectivement plutôt portés par le G5 Sahel, mais la Cen-Sad peut également jouer un rôle en permettant une coordination accrue à l’échelle sahélo-saharienne. Elle peut par exemple permettre à la Côte d’Ivoire de renforcer sa coopération dans ce domaine avec des pays comme l’Égypte ou l’Algérie », décrypte Arthur Banga, pour qui la principale difficulté de l’organisation réside dans un manque de leadership.

« Il faudrait que certains chefs d’État s’impliquent davantage pour donner à la Cen-Sad une plus grande force de frappe. L’Égypte, qui dispose d’une puissance financière conséquente, pourrait jouer ce rôle. Cela pourrait aussi être une opportunité pour Alassane Ouattara », ajoute l’universitaire.

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