Le « Yousarsif H » à l’origine du naufrage d’un navire militaire russe en mer Noire met un mauvais coup au pavillon togolais

Détroit du Bosphore, le 17 juillet 2016 (illustration). © Petros Giannakouris/AP/SIPA

Une semaine après qu'un navire battant pavillon togolais a percuté un bateau espion de la marine russe, qui a coulé, ce sont les efforts de Lomé pour clarifier le nombre de navires immatriculés au Togo et leurs activités qui prennent un mauvais coup.

C’est dans le détroit du Bosphore en Turquie qu’est survenu cet incident, le 27 avril. La collision entre les deux navires a eu lieu non loin d’Istanbul, en mer Noire, au large du village turc de Kylios, à l’entrée du détroit du Bosphore. Le navire espion de la marine russe Le Liman a sombré après avoir percuté le Yousarsif H, un navire de transport de bétail battant pavillon togolais. L’incident n’a pas pu être évité à cause du brouillard et de la faible visibilité.

Grâce à une intervention rapide des garde-côtes turcs, les 78 membres d’équipage russes ont été secourus. Quant au navire battant pavillon togolais, qui transportait du bétail depuis la Roumanie, il n’a pas coulé. Le Yousarsif H, construit il y a 40 ans, a seulement subi des dégâts mineurs et a repris sa route vers la Jordanie après des contrôles.

Rehausser l’image du pavillon togolais

Une nouvelle déconvenue pour le Togo qui essaie de mieux contrôler le nombre et le type de navires immatriculés auprès de son administration alors que ces dernières années les incidents impliquant des navires battant pavillon togolais se sont multipliés.

Ce qui avait d’ailleurs poussé les autorités à lancer une véritable action de « nettoyage » du secteur. En avril 2013, un navire immatriculé au Togo et transportant 45 tonnes d’armes lourdes avait été arrêté par les autorités égyptiennes dans la mer rouge. En juin 2014, un navire transportant 42,7 tonnes de résine de cannabis avait été arraisonné dans la Méditerranée. Et la liste des incidents est encore longue…

Le Haut Conseil pour la Mer (HCM), créé en septembre 2014, avait notamment pour mission de recenser les navires battant pavillon togolais. « Un travail immense en raison de la pagaille qui a longtemps existé dans le secteur », reconnaît sous couvert d’anonymat un expert togolais des questions maritimes.

Recensement et radiations en cascade

En août 2016, lors de la deuxième réunion annuelle du HCM, le président Faure Gnassingbé avait publiquement réclamé la création d’une liste des bateaux battant pavillon togolais, avec les caractéristiques des différents bâtiments, les équipages et les cargaisons.

Fin 2016, près de 566 navires battaient pavillon togolais. Depuis, la direction des Affaires maritimes a procédé à la radiation de 200 navires qui agissaient dans l’illégalité. Le ministre des Transports, Ninsao Gnofam, avait expliqué que la décision de l’État de renforcer les dispositions nécessaires pour l’octroi des pavillons avait pour but de « s’assurer que ces navires ne créent pas de problème à l’extérieur et ne ternissent pas l’image du pays ».

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