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Tinder : qui veut épouser un rhinocéros ?

par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

L’œil de Glez. © Glez / J.A.

Les applications de rencontre ne servent pas qu’aux humains. Après les photos de chiens et d’orangs-outangs, voici venues les inscriptions de rhinocéros. Pour la bonne cause…

Dans l’industrie numérique de la rencontre romantique ou salace, l’application Tinder tient le haut du pavé. Aujourd’hui, connectés sur les smartphones, les ressortissants du continent sont abondamment actifs sur ce réseau. Et pas seulement les humains…

Un récent inscrit sur Tinder semble avoir des caractéristiques courues : 42 ans, 1.82 mètre et protégé par des gardes du corps. Mais la suite du profil séduit moins qu’elle ne déroute : l’abonné pèse 2,3 tonnes et lorsqu’il évoque une corne de rhinocéros, ce n’est pas parce qu’il détient une poudre aphrodisiaque de nature à satisfaire au mieux toute prétendante. C’est qu’il en possède une, une corne de rhinocéros. Une vraie.

Ce nouvel inscrit du réseau social de la drague est un mammifère périssodactyle, plus précisément dénommé Sudan, dernier rhinocéros blanc mâle du Nord du Kenya, affilié à Tinder par la réserve kényane OI Pejeta Conservancy. L’objectif de cette inscription énigmatique est bien celui de l’application de rencontre : trouver une conjointe pour sauver l’espèce. Et le rhinocéros de se prêter virtuellement au jeu de l’autopromotion en déclarant, dans l’annonce, « Il n’y en a pas un autre comme moi. Je gère bien la pression. J’aime manger de l’herbe et chiller dans la boue ». Lol.

Un peu mou du flagelle

L’opération a également pour objectif de récolter des fonds. Peu productif en spermatozoïdes, le vieux Sudan s’est révélé incapable de féconder les femelles disponibles. Il faut donc lever 9 millions de dollars pour financer une fécondation in vitro. Et le temps est compté. Sudan ploie sous l’effet de l’âge, il est menacé par les braconniers – d’où les bodyguards – et une période de gestation dure 16 à 19 mois chez les « rhinos ».

Ce n’est pas la première fois qu’animaux et Tinder font bon ménage. Exhiber son animal de compagnie est à ce point « craquant » que Julien Muller créa en 2015 l’application Tindog, première application de rencontre « pour chiens, et plus si affinités ». En Nouvelle-Zélande, les bêtes ne sont pas seulement les prétextes ou les faire-valoir de la drague humaine, mais aussi les bénéficiaires directs des possibilités numériques de recherche de partenaires. Espérant décupler les chances de reproduction de son orang-outan féminin Samboja, le parc Apenheul primate a décidé de lui soumettre des images de mâles sur un écran tactile, afin d’observer ses réactions devant tel ou tel physique de prétendant. Si les singes et les chiens ont leur appli de rencontres, pourquoi par les rhinocéros ?

 

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