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Somalie : le ministre des Travaux Abdullahi Siraji tué à Mogadiscio

Par Jeune Afrique avec AFP

Dans une rue de Mogadiscio, en Somalie, en avril 2017. © Farah Abdi Warsameh/AP/SIPA

Le ministre des Travaux somalien, Abdullahi Siraji, a été tué par balles ce mercredi à Mogadiscio. Les sources policières avancent la thèse de l'accident.

Le ministre des travaux somalien Abdullahi Siraji a t-il été victime d’une grossière bavure ? C’est en tout cas l’explication avancée par le capitaine de police Mohamed Hussein.

À l’AFP, il a raconté que les gardes armés du Contrôleur général des finances publiques, Nur Jimale se trouvaient à bord d’un pick up aux abords du palais présidentiel à Mogadiscio ce mercredi 3 mai, lorsqu’ils auraient aperçu une voiture selon eux en train de les suivre. Identifié comme une menace, ils auraient donc décidé d’ouvrir le feu sur le véhicule. Les occupants de celui-ci auraient ensuite riposté, sans savoir précisément qui est à l’origine des coups de feu.

Sauf qu’en réalité, dans le véhicule visé se trouvaient, toujours selon Mohamed Hussein, les gardes du corps d’Abdullahi Siraji, le ministre des Travaux. C’est dans cet échange de tirs que ce dernier aurait été mortellement touché.

Nur Jimale a confirmé auprès de la presse locale que ses gardes du corps étaient en cause, tout en soulignant que l’enquête se poursuivait.

« Ce qui s’est passé, c’est des coups de feu impliquant des soldats qui étaient devenus soupçonneux les uns des autres, et c’est très grave, un frère a été tué », a-t-il déclaré.

« Il y a une enquête qui se poursuit et nous ne voulons pas spéculer sur les circonstances avant que son résultat soit connu », a-t-il ajouté.

Un ministre ancien réfugié

Après le drame, les hommages se succèdent. Dans un communiqué, le gouvernement se déclare « profondément attristé » par la mort d’Abdullahi Siraji, le plus jeune membre du cabinet somalien.

« Le président de la République, qui est maintenant en dehors du pays, a décidé d’écourter son séjour pour participer à l’enterrement », a annoncé le Premier ministre somalien Hassan Ali Khaire, lors d’une conférence de presse.

« J’ai ordonné aux chefs des services de sécurité d’aller immédiatement au fond de cette malheureuse tragédie et de s’assurer que les coupables rendent des comptes », a déclaré sur son compte Twitter le président Mohamed, dit « Farmajo », qui était mercredi en Ethiopie.

« Je suis profondément attristé par la mort du ministre (Siraji). Il était jeune, appliqué et patriote », a-t-il ajouté.

Abdullahi Siraji, 31 ans, avait grandi à Dadaab, au Kenya, le plus grand camp de réfugiés au monde. Son histoire était perçue comme inspirante dans un pays ravagé par les conflits et l’anarchie ces 25 dernières années.

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