Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar veulent « mettre fin aux souffrances des Libyens »

Par Jeune Afrique avec AFP

Vue de Tripoli, en Libye, en 2015. © Mohamed Ben Khalifa/AP/SIPA

Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar se sont rencontrés le mardi 2 mai, dans l'est du pays. Les deux hommes se sont déclarés favorables à une résolution du conflit mais pour cela, les deux partis doivent notamment s'entendre sur la question militaire.

Les deux hommes ont convenu lors de leur rencontre à Abou Dhabi d’œuvrer à un règlement de la crise, mais sans annoncer de mesures concrètes, selon des communiqués distincts publiés mercredi 3 mai.

Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement d’union nationale (GNA) soutenu par l’ONU et l’occident, et le maréchal Khalifa Haftar, chef des forces armées des autorités parallèles basées dans l’est du pays, se sont rencontrés le mardi 2 mai à l’initiative des Émirats arabes unis pour la première fois depuis janvier 2016.

Les deux hommes ont souligné dans leurs communiqués la nécessité de régler la crise économique et politique que traverse depuis plusieurs années la Libye, et d’unifier les efforts pour lutter contre le terrorisme et mettre fin « aux souffrances des Libyens ».

La question d’une armée unifiée

Mais la question de la formation d’une armée libyenne unifiée semble toujours diviser les deux camps. Fayez al- Sarraj, dans son communiqué, affirme s’être mis d’accord avec le maréchal Haftar afin de « mettre en place une stratégie […] pour former une armée libyenne unifiée » sous « une autorité civile ». L’autre camp dit, en revanche, que l’accent a été mis sur la nécessité « de permettre à l’institution militaire [loyale à Haftar, NDLR] d’assurer pleinement son rôle dans la lutte contre le terrorisme ».

Accusé de vouloir instaurer une nouvelle dictature militaire en Libye, le maréchal Haftar, qui dirige l’Armée nationale libyenne (autoproclamée), est appuyé par un Parlement élu établi dans l’est du pays. Il est également soutenu par des pays comme les Émirats arabes unis ou l’Égypte.

Six ans de crise

Ce Parlement a refusé de donner sa confiance au GNA issu de l’accord politique de 2015 − négocié sous l’égide de l’ONU −, et qui ne prévoit aucun rôle pour Khalifa Haftar, même si les forces de ce dernier contrôlent une grande partie de l’Est où se trouvent les principaux terminaux pétroliers du pays.

Dans leurs communiqués, Khalifa Haftar et Fayez al-Sarraj ont néanmoins indiqué s’être mis d’accord sur la fin des violences dans le sud du pays où des affrontements opposent les deux camps autour d’une base aérienne proche de la ville de Sebha.

Six ans après la révolte ayant mis fin à la dictature de Mouammar Kadhafi, la Libye reste engluée dans une interminable crise de transition.