Terrorisme : quatre ans de prison pour le fils du médecin tunisien mort en 2016 dans l’attentat contre l’aéroport d’Istanbul

Par Jeune Afrique avec AFP

Les funérailles du médecin militaire tunisien tué dans l'attentat de l'aéroport d'Istanbul, à Ksour Essef en Tunisie, le 1er juillet 2016. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Le Tunisien Anouar Bayoudh a été condamné mercredi à quatre ans de prison pour avoir un temps rejoint le groupe État islamique, a annoncé le Parquet de Tunis. Son père, qui cherchait à le faire rapatrier de Turquie où il était détenu, avait trouvé la mort dans un triple attentat à Istanbul en juin 2016. Une tragédie familiale qui avait alors provoqué une grande émotion en Tunisie.

À l’automne 2015, Anouar Bayoudh avait rejoint avec sa fiancée l’EI en Irak puis en Syrie, avant de regretter son choix et d’appeler à l’aide, avait raconté sa mère à l’AFP. Il avait réussi à fuir le groupe extrémiste mais avait été placé en détention en Turquie alors qu’il tentait de rentrer en Tunisie.

Anouar Bayoudh a été condamné le 3 mai à quatre ans de prison et sa compagne à deux ans « pour avoir rejoint un groupe terroriste », a indiqué à l’AFP le porte-parole du Parquet, Sofiène Sliti.

Le jeune homme avait fait croire à sa famille qu’il allait faire un stage en Suisse alors qu’il partait en réalité pour l’Irak puis la Syrie, après « un lavage de cerveau » dans une mosquée de son quartier, avait affirmé sa tante à l’AFP.

« Il a dit ‘je cherchais la vérité, je croyais la trouver chez Daech. J’ai trouvé une arnaque’ », avait rapporté sa mère. « Les parents doivent être plus vigilants » car « personne n’est à l’abri », avait-elle ajouté.

Alors que le débat bat son plein depuis quelques mois sur le retour au pays des jihadistes tunisiens, la nouvelle commission d’enquête parlementaire sur les filières de recrutement de Tunisiens au profit d’organisations jihadistes a tenu ses premières auditions il y a deux semaines.