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En 2016, un bilan mitigé pour les IDE vers l’Afrique

Vue de Victoria Island, à Lagos, au Nigeria, en mai 2014. © Gwenn DUBOURTHOUMIEU pour Jeune Afrique

Dans un rapport sur l'attractivité de l'Afrique publié début mai, le cabinet d'audit Ernst & Young (EY) dresse un bilan mitigé des IDE à destination du continent. L'incertitude géopolitique et le ralentissement de la croissance des poids lourds africains sont toutefois compensés par le dynamisme économique d'autres pays et les investissements chinois.

En 2016, le continent a hébergé 676 projets d’IDE, soit une baisse de 12,3% par rapport à l’année précédente. Les créations d’emplois liées à ces IDE ont, elles, diminué de 13,1%. Un bilan mitigé, dû au ralentissement de la croissance chez les poids lourds du continent, mais aussi à l’incertitude globale provoquée par le Brexit, la victoire de Trump ou le ralentissement économique chinois.

Malgré tout, le bilan est loin d’être négatif : en 2016, l’investissement en capital a grimpé de 31,9%, après une mauvaise année 2015. Ainsi, Le montant des investissements par projet atteignait 139 millions de dollars l’année dernière, contre 92,5 en 2015. Ce, grâce au développement de projets à forte intensité capitalistique dans deux secteurs : l’immobilier et le transport/logistique.

Gain de parts de marché

En termes de part de marché du flux mondial d’IDE, l’Afrique affiche une bonne performance, captant 11,4% de ces flux en 2016 contre 9,4% en 2015. Le continent est ainsi devenu la deuxième destination à plus forte croissance des IDE en capital.

Au sein du continent, les investisseurs étrangers ont privilégié les hubs économiques : en 2016, L’Égypte, le Kenya, le Maroc, le Nigeria et l’Afrique du Sud ont ainsi drainé 58% des projets d’IDE à destination du continent.

Les hubs économiques, destinations privilégiées des IDE

L’Afrique du Sud demeure la destination phare des projets d’IDE, avec une augmentation de 6,9% l’année dernière, dopée par les investissements dans le secteur de la distribution des biens de consommation et du commerce de détail. Le rapport cite en exemple l’inauguration par Nestlé d’une usine de fabrication de café instantané de 87,4 millions d’euros dans le KwaZulu-Natal, en avril 2016.

Grâce à une hausse de 9,5% du nombre de projets d’IDE, le Maroc a, lui, regagné sa place de seconde destination la plus importante. Vient ensuite l’Égypte qui a attiré 19,7% de projet d’IDE de plus que l’année précédente, en partie grâce à 16 projets d’IDE chinois dans le secteur des TIC.

Les hubs économiques africains attirent la majorité des IDE. © Capture d’écran du rapport EY.

Intérêt croissant pour l’Afrique francophone

Au Nigeria, la récession a ralenti le flux d’IDE. Toutefois, le pays reste en bonne position pour devenir la première destination des investissements étrangers du continent durant la prochaine décennie, selon le rapport. Le Kenya a, lui, connu une chute de 57,9% des projets d’IDE. Un mauvais résultat dû en partie au Brexit et qui ne doit pas occulter l’attractivité du pays, toujours selon EY.

Si les investisseurs privilégient toujours ces hubs économiques, le rapport souligne un intérêt croissant pour l’Afrique francophone (Côte d’Ivoire et Ghana) et l’Afrique de l’Est (Tanzanie et Ouganda).

Le poids de l’Asie-Pacifique

Donnée inédite : plus d’un cinquième des projets d’IDE et plus de la moitié de l’investissement en capital vers l’Afrique en 2016 proviennent d’Asie-Pacifique. Les IDE chinois ont connu la plus forte croissance en termes de capital et de créations d’emplois, faisant du pays le troisième plus gros investisseurs du continent derrière les États-Unis (1er) et la France. La bonne performance de l’hexagone est surtout due à ses investissements au Maroc, en Afrique du Sud et en Côte d’Ivoire.

Quant aux pays africains, ils sont encore de faibles émetteurs d’IDE à destination du continent. Après une année 2013 record, les IDE intra-africains ont constamment diminué. En 2016, ils représentaient 15,5% du total des IDE, contre 18,9% en 2015.

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