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Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara appelle à la trêve sociale, « sentiment mitigé » des syndicats de fonctionnaires

Le président ivoirien Alassane Ouattara à Abidjan, le 12 avril 2011. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Lors de son discours du 1er mai, le président ivoirien Alassane Ouattara a appelé à la trêve sociale d'ici fin juillet, près de trois mois après la suspension de la grève des fonctionnaires. Ceux-ci demandent toujours le paiement du stock de leurs arriérés de salaires.

« J’approuve totalement l’appel du gouvernement à une trêve sociale, qui devra être conclue d’ici la fin du mois de juillet. Elle doit nous permettre de travailler sereinement à la résolution des problèmes identifiés », a déclaré ce lundi 1er mai Alassane Ouattara, lors de son discours de célébration de la fête du travail, très attendu par les centrales syndicales. « Cette trêve sociale n’est en rien un renoncement ou un signe de faiblesse pour le gouvernement ou les partenaires sociaux. »

Le chef de l’État a également exhorté les syndicats à privilégier la voie du dialogue. « Je demande que les discussions se poursuivent entre les centrales syndicales et le gouvernement, en vue de me remettre les conclusions pour la fin du mois de juillet au plus tard », a-t-il insisté.

249 milliards de FCFA d’arriérés

Fin janvier, les syndicats de la fonction publique ivoirienne avaient suspendu leur grève de trois semaines après avoir obtenu plusieurs avancées, notamment sur la question des retraites ou encore sur l’intégration des travailleurs journaliers du secteur public.

Mais depuis la fin du mouvement social, les négociations restent bloquées sur la principale revendication des syndicats : le paiement du stock de leurs arriérés de salaires et primes, estimés selon les syndicats à 249,6 milliards de francs CFA, soit près de 380 millions d’euros.

« Notre base est déçue »

« Nous avons un sentiment mitigé après ce discours : nous sommes satisfaits concernant la question des retraites et de la levée des sanctions qui avaient affecté nos camarades grévistes, mais nous pensions que le Président allait faire un geste sur les arriérés, ou au moins annoncer un chronogramme de paiement« , réagit Théodore Gnagna Zadi, président de la plateforme nationale des syndicats des organisations professionnelles du secteur public.

Nous pensions que le Président allait faire un geste sur les arriérés

Le syndicaliste a indiqué « prendre acte des propositions du Président », dont sa plateforme devrait débattre mercredi 3 mai lors d’une assemblée générale, a-t-il précisé. « Mais nous savons déjà que notre base est déçue », ajoute le président de la plateforme syndicale, contacté par Jeune Afrique après la déclaration présidentielle.

« On ne peut pas nous comparer aux militaires »

Un discours au cours duquel Théodore Gnagna Zadi a parfois eu le sentiment d’être « mis dans le même sac que les militaires » à l’origine des mutineries d’une partie de l’armée ivoirienne, début janvier, pour obtenir le paiement de primes.

Évoquant la grogne dans l’armée et la grève des fonctionnaires, le président ivoirien a affirmé ce lundi avoir « suivi avec beaucoup de tristesse tous ces développements ». « J’ai été meurtri par la forme inédite de ces manifestations, que je condamne : les Ivoiriens et les populations vivant chez nous ont été effrayés, l’administration a été bloquée et les activités économiques perturbées », a-t-il notamment déclaré.

Ce mélange des genres nous désole

« Ces événements se sont certes déroulés à la même période, mais nous avons respecté les procédures en observant un préavis de grève et nous sommes ensuite allés à la table des négociations. On ne peut pas nous comparer. Ce mélange des genres nous désole », déplore pour sa part Théodore Gnagna Zadi.