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Tunisie : le chef du gouvernement hué à Tataouine, ville paralysée par des manifestations

Par Jeune Afrique avec AFP

le Premier ministre, Youssef Chahed, le 6 décembre 2016. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, a effectué ce jeudi une visite sous tension à Tataouine, dans le sud du pays. Une région agitée depuis plusieurs semaines par des revendications sociales.

Youssef Chahed et plusieurs de ses ministres, dont ceux de l’Énergie, de l’Investissement et des Affaires sociales, ont été accueillis ce jeudi 27 avril par une ville en grève générale, selon des journalistes de l’AFP sur place, même si la puissante centrale syndicale UGTT s’est démarquée de l’appel à cesser le travail.

« Le droit de Tataouine au développement n’est pas une faveur »

Le chef du gouvernement effectuait cette visite à Tataouine, à 500 km au sud de Tunis, pour discuter avec des représentants de la société civile et annoncer des mesures en faveur de cette région se disant marginalisée, où de nombreux habitants réclament emplois et développement.

« Le droit de Tataouine au développement n’est pas une faveur », a déclaré Youssef Chahed au siège du gouvernorat de la ville. Mais, signe des tensions sociales qui perdurent maintenant depuis des semaines, plusieurs habitants de la ville présents dans la salle l’ont pris à partie. « Nos jeunes n’ont que deux choix : mourir noyés en mer ou mourir brûlés par l’essence! », s’est emportée une Tunisienne, en allusion aux jeunes quittant le pays clandestinement ou s’aspergeant de fioul en signe de protestation.

« Donnez-nous ce à quoi nous avons droit! », a crié un homme avant que la foule n’entonne « Travail, liberté, dignité nationale », l’un des slogans phares de la révolution de 2011. Le chef du gouvernement a ensuite dû partir sous les huées d’une foule rassemblée à l’extérieur du gouvernorat.

Ressources pétrolières

Soutenus par le bureau régional de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), les protestataires, principalement de jeunes chômeurs, dénoncent une marginalisation de leur région : ils demandent du travail, notamment au sein des sociétés pétrolières opérant localement, ainsi qu’une plus grande participation aux projets de développement promis par le gouvernement.

Ce jeudi, dans le centre-ville de Tataouine, le marché, les banques et les commerces étaient fermés. Dans certaines rues, des pneus calcinés étaient visibles, témoins des barrages installés ces dernières semaines pour bloquer les routes, selon des journalistes de l’AFP.

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