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Législatives en Algérie : à Annaba, deux poids lourds du FLN en campagne

Une supportrice de Abdelaziz Bouteflika lors de la campagne présidentielle le 12 avril 2014 à Annaba. © Sidali Djarboub/AP/SIPA

Dans l'est du pays, les candidats à la députation croisent le fer, espérant remporter les huit sièges octroyés à la wilaya d'Annaba. Leurs slogans : lutte contre le chômage et développement économique.

Dans la quatrième ville la plus peuplée du pays, le FLN a sorti l’artillerie lourde avec en tête de liste Boudjema Talai, un natif de la région. L’ancien ministre des Transports et des Travaux publics (2015 – avril 2017) est secondé par Baha-Eddine Tliba, vice-président de l’Assemblée populaire nationale (APN), favorable à un cinquième mandat du président Bouteflika. Face à eux, on retrouve les candidats de l’opposition : Saddek Slimani, qui mènera la liste du Front des forces socialistes (FFS), et Mohamed Amir, tête de liste du Rassemblement national démocratique (RND).

Projets industriels, sécurité et tourisme

À la veille des échéances, les promesses et les récupérations pleuvent sur Annaba. Dans l’industrie, tous les regards se tournent vers le complexe sidérurgique d’El Hadjar. Plusieurs candidats estiment qu’un fonctionnement approprié de cette structure permettrait de créer des emplois dans une région où le chômage est important. D’autres problématiques sociales, comme la question du logement et la sécurité – Annaba enregistre toujours un fort taux de criminalité -, sont également omniprésentes.

Le développement du tourisme fait aussi partie des promesses des candidats FLN, RND, FFS et du Mouvement populaire algérien (MPA). Il faut rendre à Annaba son image de « coquette de la Méditerranée », avait déclaré Djamel Ould Abbès, le secrétaire général du FLN, au début de cette campagne électorale. Le développement des infrastructures touristiques représente donc un enjeu essentiel auquel s’ajoute la question des transports, un sujet familier pour Boudjema Talai. Ce dernier s’était d’ailleurs rendu dans la wilaya en janvier dernier pour suivre l’avancement de plusieurs projets devant donner un nouveau visage à la région. Si la réalisation d’un port autonome est en bonne voie, les Annabis ne risquent pas d’oublier le gel du projet de tramway, faute d’argent.

Les islamistes dénoncent la fraude

Ennahda, El Adala et El Bina, partis constitués en alliance depuis janvier dernier, sont représentés par Aissa Amroussi. La formation islamiste, qui profite beaucoup moins de l’exposition médiatique, dénonce tout le bilan des parlementaires qui ont déjà siégé à l’APN sans mener à terme les projets annoncés. Autre motif de préoccupation, la fraude électorale, très présente dans le discours de cette alliance et celui du Mouvement de la société pour la paix (MSP). Cette semaine, le président de ce dernier, Abderrazak Makri, s’est déplacé à Annaba et a mis en garde le FLN et le RND contre l’achat de voix.

Une seule femme tête de liste

Enfin, alors que les femmes soient toujours sous-représentées dans les listes, on note que le MPA de Amara Benyounes a choisi la députée Nabila Beyaza Chebli pour représenter son parti à Annaba. Il s’agit de l’unique femme tête de liste dans cette ville.

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