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Football : les anciens coéquipiers de Moïse Brou Apanga lui rendent hommage

Pierre Eymerick Aubameyang (gauche) et Moïse Brou Apanga (droite) lors d'une séance d'entraînement à Libreville, le 3 février 2012. © Francois Mori/AP/SIPA

Ce mercredi soir à Libreville, lors d’un entrainement avec le FC 105, Moïse Brou Apanga est mort d’une crise cardiaque à seulement 35 ans. Ses anciens coéquipiers et son entraîneur à Brest se souviennent de l’ex-capitaine des Panthères (29 sélections, 1 but) avec émotion.

Moïse Brou Apanga n’avait connu qu’une seule équipe en France. C’était à Brest, entre 2008 et 2012, avant de repartir au Gabon ensuite (AS Mangasport, FC Akanda, FC 105). Mais son passage en Bretagne a marqué les esprits, et notamment celui d’Alex Dupont. L’entraîneur a appris la disparition de son ancien défenseur ce jeudi matin. « On ne peut pas partir si jeune… C’est terrible. Mourir d’une crise cardiaque, sur le terrain, en faisant ce qu’on aime… C’est injuste. »

L’entraîneur français se souvient parfaitement de ce joueur arrivé au Stade brestois à l’été 2008. Né à Abidjan, Moïse Brou Apanga était passé par le Racing Club d’Abobo, un club de la métropole ivoirienne, avant de rejoindre l’Europe et le FC Timisoara, en Roumanie, alors qu’il avait à peine 16 ans. « J’avais parlé avec lui de son parcours. Il avait eu des galères, en Roumanie. Il était ensuite parti en Italie (Pérouse, San Benedetto, Brescia). On l’avait fait venir, pour être un joueur de complément. Et il s’est imposé… »

« Discret, bosseur, collectif »

Alain Giresse, alors sélectionneur des Panthères, avait aidé le joueur à obtenir un passeport gabonais, alors qu’il évoluait depuis 2006 au FC 105 Libreville. « C’est Alain qui nous avait parlé de ce défenseur. Il est vite devenu un joueur essentiel de Brest. On est monté en Ligue 1 en 2010, et il était toujours titulaire », poursuit Dupont.

« C’était un vrai bosseur. Il avait connu des difficultés, mais il se donnait les moyens de s’imposer au niveau professionnel en Europe. C’était quelqu’un de discret. Il ne parlait pas beaucoup, mais quand il s’exprimait, c’était toujours dans le sens du collectif. »

Il ne parlait pas beaucoup, mais quand il s’exprimait, c’était toujours dans le sens du collectif

Basile de Carvalho se souvient également de son coéquipier gabonais, dont un des premiers gestes à son arrivée à Brest fut de faire l’acquisition d’une doudoune. « Il débarquait de Libreville et il avait froid. Sa grosse doudoune, il ne la quittait pas souvent. On l’appelait le gabonaute. Il s’était rapproché de moi et des autres Africains dès son arrivée », explique l’actuel attaquant de Louhans-Cuiseaux (CFA2), né au Sénégal mais devenu ensuite international bissau-guinéen. « C’était un très bon défenseur, physique. Et humainement, il était humble, discret. Il ne posait aucun problème dans le groupe. »

Un match en sa mémoire ?

Depuis Valenciennes, Ahmed Kantari a appris le décès de celui avec qui il a formé la défense centrale brestoise. « Je suis sous le choc. C’était un mec droit, sur qui on pouvait compter. L’été dernier, j’avais eu des contacts avec lui, j’avais tenté de le faire venir à Valenciennes. »

L’international marocain s’active déjà pour organiser un match en la mémoire de Brou Apanga, mais également pour venir en aide à la famille du défunt. « J’ai commencé à prendre contact avec des anciens de Brest. Ce serait bien d’honorer sa mémoire, de faire quelque chose en mai, juste après la fin des championnats, avec des joueurs gabonais évoluant en Europe, par exemple. Mourir à 35 ans à l’entraînement d’une crise cardiaque, cela ne doit pas se banaliser. »

Mourir à 35 ans à l’entraînement d’une crise cardiaque, cela ne doit pas se banaliser

Quant à Rémy Ebanega, l’ancien international gabonais dont la carrière est mise entre parenthèses à cause d’une grave blessure au genou, il est effondré par le décès de son ancien coéquipier en sélection nationale [Brou Apanga avait disputé la CAN en 2010 et 2012, NDLR]. « J’ai beaucoup appris de lui en tant que défenseur. Il aidait beaucoup les jeunes », explique celui qui est aussi le président de l’Association Nationale des Footballeurs Professionnels du Gabon (ANFPG).

« Avec l’association, on va mettre quelque chose en place pour accompagner sa famille. Moïse était né ivoirien, mais il avait été adopté par les Gabonais. C’était un super mec… »

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