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Nigeria : Buhari annonce sept milliards de dollars pour le rail, la reconstruction du Nord et la sécurité sociale

Par Jeune Afrique

Contruction de la ligne de chemin de fer urbain Blue Line au niveau de la station Iganmu à Lagos, Nigéria, le 20 mai 2014.. © Gwenn Dubourthoumieu/Jeune Afrique

Le président nigérian, dans une lettre au Parlement, a indiqué ce mercredi que le pays avait obtenu plusieurs accords de financements avec la Chine et la Banque mondiale.

L’exécutif nigérian ne renonce pas au financement par l’emprunt de la relance de son économie, plongée dans la récession. Après avoir vu un programme de prêts extrêmement ambitieux de 30 milliards de dollars retoqué par le parlement fédéral en fin d’année − au motif qu’ils auraient causé un endettement national excessif −, le Président Muhammadu Buhari est revenu à la charge ce mercredi 26 avril.

Dans une lettre lue à la chambre des représentants (chambre basse du parlement nigérian) par son président Yakubu Dogara, et consultée par Reuters, Muhammadu Buhari a annoncé avoir obtenu plusieurs emprunts, dont certains sont en passe d’être validés. Il s’agirait, au total, de 5,85 milliards de dollars prêtés par la Chine et de 1,075 milliard de dollars avancés par la Banque mondiale.

Les deux chambre parlementaires doivent désormais donner leur accord concernant ces emprunts.

Remettre en état le rail nigérian

Côté chinois, ces nouveaux emprunts doivent contribuer aux ambitions du Nigeria dans le rail. Le pays ambitionne en effet de remettre sur pied 3 505 kilomètres de voies ferrées en piteux état et de construire de nouvelles infrastructures ferroviaires afin de mailler davantage le territoire de ce pays de plus de 180 millions d’habitants.

Le président nigérian avait d’ailleurs inauguré le mardi 26 juillet 2016 le premier train « à grande vitesse » de la principale économie d’Afrique, une réalisation chinoise au coût estimé entre 850 millions et un milliard de dollars et reliant la capitale Abuja à la ville de Kaduna sur près de 200 kilomètres.

La ligne a été construite par la Compagnie chinoise de construction en ingénierie civile (CCECC, société publique) et son financement a été assuré en partie par un prêt de la Banque chinoise d’import-export China Exim Bank.

La Banque mondiale au chevet de l’aide sociale

C’est un montage similaire qui se dessine dans le cadre des nouveaux financements chinois évoqués hier. Ainsi, comme l’indique Muhammadu Buhari dans son courrier, l’Empire du Milieu a donné son accord pour 1,231 milliard de dollars pour la modernisation du réseau ferroviaire entre la capitale économique Lagos et Ibadan, plus au nord.

D’autres accords, « imminents », portent sur les tronçons Kaduna-Kano, la grande ville du nord nigérian, pour 1,146 milliard de dollars, et Lagos-Calabar sur la côte du Golfe de Guinée pour 3,474 milliards de dollars. Pour le tronçon Lagos – Calabar, le gouvernement nigérian et la China Railway Construction Corporation, une entreprise publique de BTP, avaient déjà signé un contrat en novembre 2014. Il porte sur le montant faramineux 12 milliards de dollars.

Quant aux 1,075 milliard de la Banque mondiale, ils étaient pour partie déjà connus. Ils serviront à financer, pour 500 millions de dollars, le « filet de sécurité sociale » dont un million de Nigérians doivent bénéficier dès cette année. Les autres 575 millions de dollars de la Banque mondiale doivent aller au nord-est du pays (reconstructions, réhabilitations, fournitures de vaccins), plombé par les attaques du groupe terroriste Boko Haram.

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