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À Alger, le duel Macron-Le Pen passionne plus que les législatives du 4 mai

A Alger, en Algérie, le 9 avril 2017, devant des panneaux d'affichage pour les élections législatives algériennes. © Anis Belghoul/AP/SIPA

Les élections législatives, qui se tiennent dans une semaine, suscitent moins d'engouement chez les Algériens que l'élection présidentielle française semble-t-il. Si Emmanuel Macron remporte l'adhésion, d'aucuns seraient prêt à soutenir sa concurrente Marine Le Pen.

L’Algérie s’apprête à élire ses députés dans une dizaine de jours et les murs de la capitale ordonnent en vert-blanc-rouge « Fais entendre ta voix ». Mais, ce mardi 25 avril, c’est la présidentielle française qui est sur toutes les lèvres.

« Les législatives algériennes sont jouées d’avance, elles ne réservent aucune surprise et n’intéressent personne, alors qu’en France c’est suspense et coups de théâtre à répétition avec des enjeux considérables ! », commente un restaurateur du centre de la capitale.

Il y a un entrain et un engagement de la part des Français fascinants pour nous autres Algériens

« Comme les élections américaines, les élections françaises concernent le monde entier. Il y a aussi un entrain et un engagement de la part des Français fascinants pour nous autres Algériens », analyse Louisa Hanoun, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, en campagne pour les législatives du 4 mai.

Les deux vainqueurs du premier tour sont aussi les plus familiers de l’Algérie. Emmanuel Macron est le seul candidat à être venu en Algérie pendant la campagne ; il avait alors évoqué des « excuses » pour « le crime contre l’humanité » qu’avait été la colonisation. Marine Le Pen est la fille de Jean-Marie, à qui l’on a attribué un poignard de combat oublié il y a 60 ans, pendant la guerre d’Algérie, dans la maison d’un homme qui venait d’être supplicié.

Le Pen pour « mettre au pas les fils de harkis »

« Tout le monde ici connaît l’histoire de la dague », rappelle un étudiant en école de commerce. Plus pragmatiquement, un jeune créateur d’entreprise s’alarme : « L’Algérie réalise la plupart de ses échanges, économiques mais aussi humains avec la France, et le protectionnisme lepéniste serait une catastrophe pour nous ».

Le restaurateur du centre ville fait partie des rares Algériens qui espèrent une victoire du Front national − « pour remettre au pas les fils des harkis qui deviennent terroristes quand ils ne sont pas délinquants » résume-t-il sommairement −.

D’autres font le même souhait mais avec l’objectif opposé d’amener une apocalypse politique dans l’hexagone. « Nous, on était Mélenchon », se désole un groupe de lycéens, « il faut que Le Pen passe pour mettre le feu au système ! »

Macron, futur Président sans majorité ?

Face à la candidate frontiste, Macron fait ici figure de voisin idéal, candidat de l’ouverture et seul des quatre premiers de la primaire à avoir envisagé un processus de repentance sur la colonisation.

Sa victoire fait peu de doute mais, sous les affiches appelant les Algériens à élire leurs représentants le 4 mai, l’on se préoccupe déjà du déroulement des législatives françaises de juin.

« Macron ne parviendra pas à réunir une majorité, les socialistes ne reviendront jamais et Le Pen peut encore faire un score inquiétant : ce sera le chaos », pronostique un homme d’affaire franco-algérien.

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