Tunisie : ce qui change pour les conducteurs concernant le port de la ceinture de sécurité

Par Jeune Afrique

Une rue de Bizerte, en Tunisie. (illustration) © Citizen59/CC/Flickr

En Tunisie, le port de la ceinture de sécurité est désormais obligatoire pour les conducteurs et passagers à l'avant des véhicules, dans et hors agglomérations. Une mesure qui a tardé à s’appliquer, au grand dam des associations œuvrant pour une plus grande sécurité routière dans le pays.

Une partie du décret du 6 janvier 2017 fixant les règles techniques d’équipement et d’aménagement des véhicules entre en vigueur ce vendredi 27 avril. À compter de cette date, le port de la ceinture de sécurité devient obligatoire « à l’intérieur et à l’extérieur des agglomérations et sur les autoroutes » tunisiennes.

Qui est concerné ?

Sont concernés pour l’instant « les conducteurs et les passagers des sièges avant ». Pour les passagers des sièges arrière, cette obligation prendra effet en janvier 2018, précise le décret.

Sont dispensées du port obligatoire de la ceinture les « personnes dont l’état de santé ne le permet pas » (à condition d’être munies d’un certificat médical conforme), les conducteurs effectuant une marche arrière, les conducteurs des « véhicules de transport public routier non régulier de personnes à l’intérieur des agglomérations lors de l’exercice de leur profession » ainsi que ceux des « véhicules prioritaires et des véhicules d’intervention urgente lorsqu’ils utilisent les avertisseurs sonores et lumineux ».

Avant l’application de ce décret, le Code de la route tunisien indiquait que l’obligation ne s’appliquait que « sur les autoroutes et en-dehors des communes pour les conducteurs et les passagers des sièges avant des véhicules », se contentant de recommander l’utilisation de la ceinture de sécurité à l’arrière.

Quelle sanction ?

Toute personne en infraction avec cette nouvelle règle se verra infliger une amende de 40 dinars tunisiens (environ une quinzaine d’euros), prévoit la loi. Une somme pas assez dissuasive, selon certains, qui doutent de son application lors des contrôles de police.

« Je suis pour l’obligation du port de la ceinture, mais la sanction doit être systématique. J’aurais préféré qu’elle se fasse avec l’instauration d’un permis à points, plus dissuasif selon moi », explique Fares, conducteur tunisien de 32 ans, à Jeune Afrique.

Spots de sensibilisation

Le port de la ceinture de sécurité réduit le risque de décès du conducteur et des occupants assis à l’avant de 45% à 50%, indique un rapport de l’organisation mondiale de la santé (OMS). Selon la même source, ce taux est de 25% pour les passagers assis à l’arrière.

La ceinture peut sauver des vies, même à un feu rouge.

« En 1984, la Tunisie a été un des premiers pays arabe à rendre le port de la ceinture obligatoire. […] La ceinture peut sauver des vies, même à un feu rouge », assurait en 2016 à Jeune Afrique Afif Frigui, président de l’Association tunisienne de la prévention routière (ATPR) et de l’Organisation arabe de la sécurité routière.

Pour accompagner l’entrée en vigueur du nouveau décret, les ministères de l’Intérieur et du Transport ont partagé deux spots de sensibilisation au port de la ceinture sur les réseaux sociaux. « Un geste simple » et vital, rappellent des personnalités tunisiennes dans l’un d’entre eux. Une bonne habitude à prendre.

 

 

 

L’Association des ambassadeurs de la sécurité routière a également organisé le jeudi 26 avril une journée de sensibilisation sous le slogan « Attachez votre ceinture… Attachez-vous à la vie ».

À Nabeul (nord-est), des affiches sur les bus ont quant à elles attiré l’attention, pas forcément pour les bonnes raisons…

Qu’en est-il chez les voisins ?

Depuis 2016, le gouvernement marocain dit durcir son contrôle pour réduire le nombre d’accidents et de morts sur les routes. Parmi les nouvelles mesures entrées en vigueur le 1er janvier 2017 : la ceinture obligatoire pour les passagers des autocars.

En Algérie, le port de la ceinture de sécurité est obligatoire pour les personnes occupant les sièges avant des véhicules. Depuis mars 2017, il est également une obligation pour les passagers arrière des « véhicules de transport en commun de personnes […] de plus de neuf places, y compris celle du conducteur, à l’exception des véhicules de transport urbain ». Il y est par ailleurs interdit de transporter des enfants de moins de dix ans sur les sièges avant.

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