Football : pour Pamphile Mihayo, « le TP Mazembe est dans une période de transition »

Kazembe Mihayoà Abou Dhabi, le 13 décembre 2010. © Hussein Malla/AP/SIPA

À 40 ans, Pamphile Mihayo vient d’être nommé entraîneur du TP Mazembe. Premier Congolais à diriger les Corbeaux depuis le départ de Santos Muntubile en 2008, l’ancien défenseur se confie à Jeune Afrique, avant le derby de Lubumbashi jeudi 27 avril face à Don Bosco.

Vous attendiez-vous à ce que Moïse Katumbi décide de faire de vous le coach du TP Mazembe, après le départ de Thierry Froger en mars dernier ? 

Pamphile Mihayo : Je le pressentais. J’avais déjà assuré l’intérim entre le départ d’Hubert Velud et l’arrivée de Thierry Froger. Je me sentais prêt. Quand M. Katumbi m’a annoncé son choix, j’étais très fier, bien sûr. Le TP Mazembe, c’est ma maison. J’y ai joué, puis j’y ai entamé ma reconversion à la fin de ma carrière. C’est Lamine N’Diaye qui m’avait donné ma chance en me proposant d’intégrer son staff technique. Mais je sais aussi ce qu’on attend de moi. Ici, on doit gagner des titres, avoir des résultats. C’est ce que veulent les supporters.

Pourquoi avez-vous été choisi, selon vous ?

Déjà, j’ai beaucoup appris avec les différents entraîneurs qui se sont succédé à Mazembe depuis la fin de ma carrière. Lamine N’Diaye, Patrice Carteron, Hubert Velud, et aussi Thierry Froger, même s’il n’est resté qu’un peu plus d’un mois. Je suis congolais, je connais parfaitement le club, son environnement. Le TP Mazembe est dans une période de transition. Il y a notamment l’intégration des jeunes joueurs de l’Académie, qu’il faut mener. Je pense aussi que le président suivait mon travail depuis un certain temps. Il a estimé que c’était le moment de me faire confiance.

On va continuer à vous demander des résultats, alors que les moyens du club sont moins importants que par le passé…

C’est vrai. Les objectifs restent élevés : il faut gagner le championnat de RDC et conserver notre titre en Coupe de la CAF. Des joueurs importants sont partis (Bolingi, Assalé, Bope, Luyindama…) d’autres sont arrivés, dont Anthony Vanden Borre, qui vient de Belgique, et à qui il faut laisser le temps de s’intégrer. Il y a aussi les jeunes, dont j’ai déjà pu parler. Mais on a une ossature qui est là, avec des joueurs expérimentés. Et je peux vous assurer que ce mélange entre anciens, jeunes et nouvelles recrues fonctionne bien.

Quel type d’entraîneur êtes-vous ?

J’insiste beaucoup sur la rigueur, la discipline. C’est indispensable à ce niveau, si l’on veut avoir des résultats. Et je m’inscris bien sûr dans la culture du club. Au TP Mazembe, on doit pratiquer un football offensif et attractif. Le public le demande.

Vous inspirez-vous du travail de Florent Ibenge, qui entraîne l’AS Vita Club mais également la sélection nationale ?

Bien sûr ! C’est mon aîné, il a déjà de l’expérience, et il fait de l’excellent travail avec son club et avec les Léopards. Je dois m’en inspirer, comme je dois m’inspirer de ce que font les autres bons entraîneurs congolais. Je n’ai que 40 ans, et donc encore beaucoup de choses à apprendre.

Moïse Katumbi est contraint à l’exil. Avez-vous des contacts réguliers avec lui ?

Oui. Son absence physique est évidemment pesante, mais on sait qu’il est très proche de nous. Je lui parle souvent au téléphone. Il aime savoir ce qui se passe, il donne son point de vue, des conseils… Même s’il n’est pas là, il est dans nos cœurs. Il aime son club, pour qui il fait beaucoup. Même si la situation est plus compliquée qu’avant, il fait en sorte que Mazembe dispose de moyens importants pour avoir des résultats. C’est un vrai passionné.

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