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Maroc : l’investiture du nouveau gouvernement attendue ce mercredi

Le nouveau chef du gouvernement marocain, Saâdeddine El Othmani, avec son prédécesseur, le secrétaire général du Parti justice et développement (PJD), Abdelilah Benkirane, lors d'un meeting électoral le 25 septembre 2016 à Rabat. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Après une semaine de débats, le Parlement marocain doit voter ce mercredi le programme du gouvernement de Saadeddine El Othmani. Tirant les leçons des concessions qu'il a dû faire dans les négociations gouvernementales, le PJD s'oriente vers un soutien mitigé.

La Chambre des représentants se réunit, ce mercredi 26 avril, pour voter l’investiture du gouvernement. La séance aura lieu à 17h30, heure locale.

« Après une semaine de discussion du programme présenté par Saadeddine El Othmani le mercredi 19 avril, le vote de confiance est acquis », estime Abdellah Bouanou, député du Parti justice et développement (PJD).

Le gouvernement est assuré d’avoir au moins les 240 voix issues des partis qui le composent. « Les 124 députés de notre parti continueront à soutenir le gouvernement de Saadeddine El Othmani, exactement ce que nous avons fait avec celui de Benkirane », assure encore le député islamiste.

L’appel à la vigilance d’Abdelilah Benkirane

Depuis l’intervention quelque peu ambiguë d’Abdelilah Benkirane devant les députés de son parti le 13 avril, la scène politique s’interroge sur la nature de la relation que le PJD compte entretenir avec le nouvel exécutif.

Ce jour-là, l’ancien chef de gouvernement déchu par le roi a appelé les parlementaires de son parti à soutenir son successeur El Othmani, mais à rester « vigilants » pour empêcher tout « dérapage » qui pourrait être commis au nom du parti.

Benkirane n’a semble-t-il pas digéré la pilule de son remerciement le 15 mars, qu’il a qualifié de « séisme politique ». Pas plus que la façon dont le PJD a été contraint d’accepter dans sa majorité un parti politique arrivé sixième aux législatives (l’USFP). « N’oubliez pas que vous avez été élus par le peuple et que c’est à lui que vous devez rendre des comptes », a-t-il adressé à son équipe parlementaire. Et d’ajouter : « Nous n’allons pas faire de l’opposition, car nous sommes un parti responsable mais il faut qu’on reste sur nos gardes après ce qui s’est passé. »

Le PJD doit « affronter la situation »

Dans son intervention, Benkirane n’a pu s’empêcher de lancer des piques à quelques têtes réputées proches du régime. « Comment expliquer qu’à peine nommé, le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Hassad, appelle à la réforme des manuels d’éducation islamique qu’on accuse d’avoir diffamé la philosophie ? Quel message veut-il nous envoyer ? Se croit-il encore au Ministère de l’Intérieur ? »

À quelques mois d’un congrès décisif du PJD, où la question de sa succession sera centrale, Abdelilah Benkirane préfère jouer aux mobilisateurs. « Que ce soit moi ou Saadeddine El Othmani, ce n’est pas la question de la présidence du parti qui doit nous préoccuper. Le PJD est actuellement face à une nouvelle situation qu’il doit affronter », a-t-il clamé.

Galvaniser les troupes

Abdelilah Benkirane veut remonter le moral de ses frères en leur signifiant qu’ils sont toujours forts du soutien du peuple. Une position que Driss El Azami El Idrissi, maire de Fès et nouveau président du groupe parlementaire pjdiste, proche d’Abdelilah Benkirane, a adopté lors de sa déclaration d’appui à la politique générale du nouveau gouvernement.

Lundi 24 avril, il a déclaré que le parti était passé par « des moments difficiles » mais qu’il allait poursuivre « en toute responsabilité » les grands chantiers du pays. À plusieurs reprises, il a fait des clins d’œil à l’institution royale, assurant que la poursuite de ces chantiers se ferait sous « la conduite éclairée du roi ».

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