Mali : cinq personnalités à la tête des autorités intérimaires du Nord

Par - à Bamako

Un Casque bleu à Kidal, le 28 juillet 2013. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Au Mali, les autorités intérimaires sont désormais installées dans les cinq régions du nord. Mais qui les dirige ?

Après Kidal, Gao et Ménaka, les autorités de Tombouctou et Taoudénit ont été installées jeudi 20 avril, après plusieurs semaines de tractations pour mettre tout le monde d’accord. Voici les personnes chargées de diriger les régions du nord du Mali jusqu’aux élections locales prévues au mois de juillet prochain.

Boubacar Ould Hamadi, un humanitaire issu d’une tribu guerrière

À 31 ans, Boubacar Ould Hamadi a été désigné en février dernier président des autorités intérimaires de Tombouctou. Ce titulaire d’un brevet de technicien des douanes est un arabe de la tribu guerrière d’Oulad Sleymane de Tombouctou. C’est à Bamako que cet ancien fonctionnaire de l’État a passé son enfance et accompli ses études jusqu’en 2012, année où la dernière rébellion éclate. Le voilà en Mauritanie travaillant pour l’ONG The Alliance for International Medical Action (Alima), puis pour l’Unicef avant de rejoindre le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) à la signature de l’accord de paix en 2015.

Hamoudi Sidi Ahmed Aggada, l’ingénieur qui aime le froid

À Taoudénit, le président des autorités intérimaires s’appelle Hamoudi Sidi Ahmed Aggada. C’est un ingénieur frigoriste de 55 ans, natif de la ville de Tombouctou. Ce fils d’une des grandes familles maraboutiques du nord du Mali, originaire de Araouane, dans le centre de la région de Taoudénit, prospère d’abord dans les affaires avant de se lancer en politique. En 2013, il est le candidat du parti de l’Alliance pour la solidarité au Mali (Asma) aux élections législatives à Tombouctou. Une année plus tard, le voilà à Alger pour encadrer les négociations de l’accord de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés du nord.

Hassane Fagaga a fait ses premières armes comme leader du Mouvement populaire de l’Azawad (MPA) de Iyad AG Ghaly, en 1991

Abdou Salam Ag Mohamed Ahmed, le juriste activiste

Titulaire d’un diplôme d’études générales en droit de l’université de Bamako, Abdou Salam Ag Mohamed Ahmed, 26 ans, de la tribu touarègue Daoussak, a d’abord milité au sein du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) en 2012 avant de se lancer dans l’humanitaire à travers plusieurs ONG à Ménaka. En 2015, il rejoint de nouveau le MNLA avant de créer, avec Moussa Ag Acharatoumane, le Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA) dont il était le coordinateur régional jusqu’à sa désignation comme président intérimaire du conseil régional de Ménaka.

Djibrilla Boubèye, le professeur de carrière

À Gao, le président des autorités intérimaires s’appelle Djibrilla Boubeye. À 63 ans, ce natif de la cité des Askias, membre de la société civile de la plateforme, un mouvement pro-Bamako, est un cousin de Soumeylou Boubèye Maïga, actuel secrétaire général de la présidence malienne. Djibrilla Boubèye, a été professeur de français au lycée de Gao pendant longtemps avant de devenir inspecteur de l’enseignement fondamental puis directeur d’académie et enfin coordinateur régional de l’enseignement secondaire dans la région de Koulikoro, dans le sud du pays. Il est à la retraite depuis fin 2015.

Hassane Fagaga, l’éternel rebelle

À 51 ans, Hassane Fagaga, qui préside les autorités intérimaires de Kidal, est loin d’être un inconnu au Mali. Originaire de Kidal, cet arabophone de la large famille des Ifoghas, a fait ses premières armes comme leader du Mouvement populaire de l’Azawad (MPA) de Iyad AG Ghaly, en 1991. Il rejoint l’armée malienne en 1996 et porte le galon de commandant. Dix ans plus tard, alors qu’il était colonel de la garde nationale, Fagaga entre en rébellion contre le gouvernement malien. Après une période d’accalmie, on le retrouve en 2012 cette fois-ci en tant qu’officier du MNLA.

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