Le Maroc accuse Alger d’avoir expulsé des Syriens vers le royaume

Par AFP

La question des migrants revient souvent dans les relations entre le Maroc et l'Algérie. © Antonio Calanni/AP/SIPA

Le Maroc a accusé l'Algérie d'avoir expulsé vers sa frontière un groupe de 55 Syriens, dont des femmes et des enfants "dans une situation très vulnérable".

Selon un communiqué du ministère de l’Intérieur marocain publié vendredi soir, ces Syriens ont été « expulsés » par l’Algérie dans la zone frontalière maroco-algérienne, près de la ville de Figuig (nord-est), « contrairement aux règles de bon voisinage prônées par le Maroc ».

Sans eau ni nourriture

Interrogée au téléphone par l’AFP, une source associative à Figuig, qui a requis l’anonymat, a précisé que les migrants syriens étaient toujours coincés samedi dans un no man’s land entre les deux pays, sans accès à de l’eau ni à de la nourriture.

La frontière terrestre entre les deux pays rivaux du Maghreb est fermée depuis 1994. Selon Rabat, les autorités algériennes ont « autorisé » les Syriens à atteindre la zone frontalière répartis « en plusieurs groupes depuis la nuit du 17 avril » puis les ont « encerclés » pour les forcer à quitter le territoire algérien.

« Des comportements inhumains »

Les autorités marocaines « dénoncent les comportements inhumains des autorités algériennes à l’encontre de ces immigrants », des « femmes et d’enfants dans une situation très vulnérable », forcés d’effectuer ce périple avec les « contraintes » du relief accidenté et la forte chaleur.

Selon la presse marocaine, les réfugiés syriens, dont des femmes et des enfants, ont été abandonnées à leur sort dans la zone frontalière, puis bloquées par les autorités marocaines. Le ministère de l’Intérieur ne précise pas si ces Syriens ont été autorisés à demander l’asile au Maroc.

La nouvelle politique migratoire du Maroc

« Ce n’est pas la première fois que les autorités algériennes procèdent à l’expulsion d’immigrants vers le territoire marocain », a accusé Rabat. Mi-mars, une association marocaine de défense des migrants, le GADEM, avait fait état du sort d’une trentaine de migrants sub-sahariens arrêtés au Maroc puis bloqués dans le no man’s land entre les deux pays car refoulés des deux côtés.

Le Maroc a adopté en 2013 une nouvelle politique migratoire et a lancé mi-décembre une deuxième campagne de régularisation d’immigrants clandestins, pour la plupart subsahariens. Les autorités marocaines insistent régulièrement sur le caractère « humain et généreux » de cette politique, en contraste, selon elles, avec la politique migratoire du voisin et grand rival algérien.

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