France : attentat à Paris trois jours avant la présidentielle, l’identité de l’assaillant dévoilée

Par Jeune Afrique avec AFP

Non loin des lieux de l'attentat à Paris, sur les Champs-Élysées, le 20 avril 2017. © tv/AP/SIPA

Un policier a été tué et deux autres blessés jeudi soir lors d'une attaque sur l'avenue des Champs-Élysées à Paris. L'identité de l'assaillant abattu a été révélée ce vendredi par le procureur de la République de Paris. Il s'agit de Karim Cheurfi, 39 ans, un délinquant surtout connu pour des délits de droit commun mais qui faisait depuis peu l'objet d'investigations antiterroristes. L'auteur de l'attaque, revendiquée par le groupe terroriste État islamique (EI), a été abattu.

Lors d’une conférence de presse ce vendredi 21 avril, le procureur de la République de Paris, François Molins, a livré quelques informations supplémentaires sur l’identité de l’auteur de la fusillade survenue la veille sur l’avenue des Champs-Élysées. Il s’agit de Karim Cheurfi, 39 ans, originaire du département de la Seine Saint-Denis. Son identité a pu être confondu  grâce à ses empreintes digitales et à la carte grise du véhicule utilisé pour l’attentat.

François Molins a également fait part de quelques indices retrouvés près du corps de l’assaillant abattu par des policiers, notamment un morceau de papier avec un message manuscrit dans lequel il défend la cause de Daech. Par ailleurs, le sac que portait Karim Cheurfi contenait « un fusil à pompe, des munitions, un couteau de cuisine et un coran. Des adresses de postes de polices ont également été retrouvées dans sa poche », précise François Molins. La saisie de ses donnes téléphoniques et informatiques est toujours en cours de traitement. « L’enquête va désormais s’attacher à savoir comment l’individu s’est procuré les armes et mettre au jour d’éventuelles complicités », a t-il ajouté.

Karim Cheurfi était connu des services de police pour des délits de droit commun et a été condamné à quatre reprises et notamment à quinze ans de réclusion en 2005 pour trois tentatives d’homicide volontaire, dont deux visant des policiers. « Karim Cheurfi n’était pas fiché S  et n’avait pas présenté tout au long de sa période d’incarcération, donc pendant une période de quasiment 14 ans, (…) de  signes de radicalisation ou de signes de prosélytisme pendant toutes ces années de détention », a expliqué François Molins. Cependant,  « courant janvier 2017, le parquet antiterroriste a été destinataire d’éléments indiquant que Karim Cheurfi cherchait à se procurer des armes et qu’il aurait tenu des propos laissant entendre qu’il voulait tuer des policiers », a rapporté le procureur de la République.Il est arrêté le 23 février dernier. Mais faute de preuves découvertes lors des perquisitions, sa garde à vue se concluait le lendemain par une remise en liberté. Mais son lourd parcours judiciaire « justifiait la poursuite des investigations par la section antiterroriste de mon parquet (..) du chef d’entreprise individuelle terroriste » dans le cadre d’une enquête ouverte le 9 mars 2017, a indiqué François Molins.

Parallèlement, Karim Cheurfi avait été condamné notamment pour une affaire de vol avec effraction et était à ce titre sous le coup d’un sursis avec mise à l’épreuve. Convoqué par le juge d’application des peines de Meaux, il « se présentait devant son juge le 7 avril 2017 » qui lui « rappelait ses obligations » « sans procéder à la révocation » de ce sursis, a indiqué le procureur.

Le parquet de Meaux avait en effet saisi le juge « dès lors qu’il était apparu que l’intéressé était parti en Algérie du 15 janvier au 14 février 2017 », « pour s’y marier » selon les explications de Karim Cheurfi.

Scrutin présidentiel

La fusillade sur la plus célèbre artère de la capitale a eu lieu jeudi 20 avril peu avant 21h00. À l’aide d’une kalachnikov, celui-ci ouvre le feu sur un car de police stationné sur l’avenue. Un policier a été tué dans la fusillade, deux autres blessés, et une passante légèrement touchée, selon les derniers éléments de François Molins. Karim Cheurfi a pour sa part été abattu par le tir d’autres policiers venus prêter main-forte à ses collègues. L’attque a été revendiquée par le groupe État islamique.

 

Cette fusillade survient à trois jours du premier tour de l’élection présidentielle, alors que la France a été confrontée depuis 2015 à une vague d’attentats jihadistes sans précédent ayant fait 238 morts. « Rien ne doit entraver ce moment démocratique fondamental pour notre pays », a déclaré le Premier ministre Bernard Cazeneuve vendredi matin à l’issue d’un Conseil de défense réuni autour de François Hollande à l’Elysée.

Et en vue de ce scrutin, la mairie de Paris a affirmé ce vendredi que tous les bureaux de vote de la capitale qui auront besoin d’un renfort d’agents de sécurité en seront pourvus.

Dans un discours aux préfets le 5 avril, Matthias Fekl avait insisté : « Veillez bien à ce que chaque président de bureau de vote dispose d’un numéro d’appel direct aux forces de sécurité. Je demande à chacun de vos services, notamment en zone rurale où les points de vote sont éloignés les uns des autres, de se tenir prêts ».

Il y a trois jours, une tentative d’attentat avait été déjouée à Marseille, dans le sud de la France, selon le ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl. Deux hommes, « soupçonnés de vouloir commettre, de façon imminente, une action violente » avaient été arrêtés dans le 3e arrondissement de la cité phocéenne.

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici