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Tunisie : la ville du Kef de nouveau paralysée par une grève générale

Par Jeune Afrique avec AFP

Une rue de la ville du Kef. © Panegyrics of Granovetter/CC/Flickr

De nombreux Tunisiens ont manifesté jeudi dans la ville du Kef (nord-ouest). Les protestataires reprochent au pouvoir central de ne pas avoir tenu ses promesses vis-à-vis d'eux et de les "marginaliser". La contestation dure depuis deux semaines et s'étend à d'autres régions.

Les manifestants se sont rassemblés devant le siège du bureau régional du syndicat UGTT, ce jeudi 20 avril, avant de défiler sur les principales artères du Kef, ville de 50 000 habitants située à 180 km à l’ouest de la capitale tunisienne.

Fustigeant les « promesses non tenues du gouvernement », les manifestant ont scandé des slogans comme « travail, liberté, dignité », « le développement du Kef est un droit » ou encore « Oh Kéfi (habitant du Kef, NDLR) opprimé, ta pauvreté a augmenté ».

Institutions publiques et privées, boutiques et cafés ont pour leur part répondu à l’appel à la grève générale, laissant leurs rideaux baissés, selon le correspondant de l’AFP sur place. Seuls les hôpitaux, pharmacies et boulangeries sont restés ouverts.

« Une situation qui ne peut plus durer »

Pour Rached Salhi, un professeur interrogé par l’agence de presse, « cette manifestation et cette grève sont importantes pour faire passer un cri de colère face à une situation qui ne peut plus durer ».

Les manifestations qui ont lieu au Kef depuis le début du mois trouvent leur origine dans des rumeurs de délocalisation d’une importante usine de la ville vers Hammamet, une région côtière plus développée.

« La région du Kef est marginalisée par le pouvoir central depuis l’indépendance. Elle a été ignorée par tous les gouvernements qui se sont succédé après la révolution, et Youssef Chahed (l’actuel Premier ministre, NDLR) a fait la même chose », renchérit auprès de l’AFP Kamel Saihi, secrétaire général adjoint du bureau régional de l’UGTT.

La grève générale est au Kef et Youssef Chahed est à Sfax !

Il a ainsi qualifié de « message négatif » le déplacement effectué le même jour par Youssef Chahed à Sfax, ville côtière et deuxième agglomération du pays. « La grève générale est au Kef et Youssef Chahed est à Sfax ! », s’est emporté Kamel Saihi.

La Tunisie connaît de nouveau depuis plusieurs semaines, d’importants mouvements sociaux, à Tataouine (sud) et Kairouan (centre) notamment.

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