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Tunisie : où en est la modernisation du système éducatif, érigée en priorité nationale ?

Siège du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique à Tunis. © Rais67/CC/Wikimedia Commons

Nouveaux établissements, rénovations, réaménagements… Prévu sur trois ans, le programme Modernisation des établissements scolaires (MES) devrait démarrer bientôt. Il s’inscrit dans une volonté nationale, portée par le gouvernement tunisien et des organisations étrangères, de dépoussiérer le système éducatif en tentant d’améliorer à la fois son fond et sa forme.

« L’année scolaire 2016-2017 sera celle des grandes réformes », avait déclaré le ministre de l’Éducation Néji Jalloul à la rentrée de septembre 2017, présentant une série de nouvelles mesures qui n’ont pas toutes fait l’unanimité en Tunisie.

Parmi elles, la modification des rythmes scolaires, la suppression du « bonus » des 20% pour les bacheliers (méthode consistant à inclure 20% de la moyenne générale de l’année à la moyenne finale du bac), ou encore la création d’un « office des œuvres écolières » pour mieux gérer les activités parascolaires, les repas et les équipements dans les écoles.

Mais la priorité ces derniers mois a surtout été la restauration et le réaménagement de centaines d’écoles, de collèges et d’internats à travers le pays.

Des centaines d’établissements en travaux

« En Tunisie, 1 200 écoles ne sont pas raccordées à l’eau potable et ne respectent pas les normes d’hygiène », a déploré Samia Zayani, directrice générale des constructions et de l’équipement au ministère de l’Éducation lors d’une conférence de presse tenue le 14 avril.

Si beaucoup reste donc à faire à ce niveau, plusieurs travaux ont été menés depuis 2016. Des extensions ont par exemple été effectuées pour la construction de salles, de laboratoires, de permanences, de blocs sanitaires, de dortoirs, de cantines, ou encore de cuisines dans les différentes régions du pays. 555 établissements ont été concernés par ces travaux au début de l’année scolaire, avait précisé Néji Jalloul.

213 millions d’euros ont par ailleurs été débloqués par la Banque européenne d’investissement (BEI) et le ministère tunisien de l’Éducation pour la construction de 60 nouvelles écoles et la rénovation de 310 installations sur une période de trois ans, dans le cadre du programme MES.

Au programme, 200 000 places supplémentaires en école primaire.

Cette initiative sera menée sur le plan technique par un consortium, dirigé par la société de conseil en ingénierie Louis Berger, qui possède un bureau à Tunis.

« Nous sommes fiers de soutenir le gouvernement tunisien dans la modernisation de ses infrastructures scolaires », a fait savoir le 11 avril par communiqué Jacques Blanc, le vice-président principal. Il évoque pour cela la fourniture, notamment,  de « services d’ingénierie innovants, comprenant l’efficacité énergétique ».

Ce programme doit permettre de créer 200 000 places supplémentaires en école primaire, et concernera environ 238 000 élèves du secondaire.

Modifier la façon d’enseigner

La récente affaire de la thèse de la terre plate n’a fait qu’accentuer les critiques à l’encontre  de l’enseignement tunisien, décrié par certains comme désuet et archaïque.

Si une partie du budget du ministère de l’Éducation – un des plus importants du gouvernement – a servi à équiper les établissements scolaires d’outils informatiques et éducatifs (comme des tablettes numériques), l’objectif est aussi de revoir la manière d’enseigner.

À l’occasion de la visite de Timo Soini, ministre finlandais des Affaires étrangères, le 19 avril en Tunisie, le président Béji Caïd Essebsi a par exemple souligné la volonté de son pays de renforcer sa coopération avec la Finlande en s’inspirant notamment de son expérience en matière d’éducation et de formation professionnelle.

Vers une éducation numérique

« La pédagogie doit aussi s’adapter à son temps. À l’air du numérique, des MOOCs (formations en ligne gratuites), etc, tout un monde virtuel éducatif s’est ouvert et en Tunisie nous enseignons toujours avec la craie et le tableau ! » a déploré l’ancien ministre Tawfik Jelassi à Jeune Afrique.

Et justement à ce sujet, la société française OpenClassrooms a signé en mars un accord avec l’Agence nationale pour l’Emploi et le Travail Indépendant (Aneti) en Tunisie, ouvrant gratuitement aux demandeurs d’emplois l’accès à ses parcours éducatifs sur les métiers du digital.

Depuis fin 2014, une trentaine d’écoles bénéficient également d’un programme d’éducation numérique mis en place par l’opérateur Orange Tunisie, en partenariat avec le ministère de l’Éducation. D’autres seront aussi concernés dans les mois à venir, avec un accès gratuit et sans connexion, afin d’en faire profiter le plus grand nombre.

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