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Le Ghana s’attaque à la corruption pour atteindre les objectifs du FMI

Dans les rues d'Accra, en juin 2015. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Au Ghana, le ministre des Finances Ken Ofori-Atta s'est engagé le 16 avril dernier à combattre la corruption et le gaspillage de l'argent public afin de répondre aux exigences du Fonds monétaire international (FMI).

Le pays est sous le coup d’un programme avec l’institution de Bretton Woods qui a accepté, en 2015, de lui prêter un milliard de dollars sur trois ans. Le Ghana, qui a commencé à exporter du pétrole il y a sept ans, avait été obligé de recourir à cette solution en raison de la chute du prix des matières premières.

D’après le ministre, le gouvernement entend désormais lutter contre les emplois fictifs et s’assurer que tous les contrats publics font bien l’objet d’un appel d’offres. Un juge dédié a par ailleurs été nommé afin d’enquêter sur les contrats douteux conclus sous le précédent gouvernement.

Un trou de 1,6 milliard de dollars

Une annonce importante dans la mesure où sitôt après sa nomination fin janvier, le nouveau gouvernement ghanéen s’était dit face à un trou de 1,6 milliard de dollars imputé au gouvernement précédent. Ken Ofori-Atta a reconnu depuis que désormais, retrouver la confiance des investisseurs s’avérerait une tâche difficile en raison de ses prédécesseurs qui ont selon lui « manqué à leur parole » à plusieurs reprises.

« Les mesures que nous prenons sont nécessaires, a déclaré Ken Ofori-Atta au Financial Times. Nous pensons que l’économie y réagira avec force, et ainsi contre toute attente, nous serons en mesure d’atteindre les objectifs [du FMI]. Le président a déclaré la guerre à la corruption et nous sommes nous-mêmes en train de mettre en place des structures pour nous assurer que nous ne commettons pas d’écarts. »

Selon lui, il est envisageable que le déficit budgétaire, qui atteignait les 9% du PIB en 2016, rejoigne les objectifs du FMI, fixés entre 3 et 4% en 2018. Dans le même temps, le Trésor public ghanéen espère multiplier d’un tiers ses recettes ; des projections que l’institution de Bretton Woods elle-même qualifie d’ « optimistes ».