Bilan en demi-teinte après la visite du FMI à Tunis

Par - à Tunis

À Tunis, le 10 juillet 2015. © Sophia Barakat pour JA

La visite dite de revue du programme économique de la Tunisie menée à Tunis du 7 au 18 avril 2017 par une mission du Fonds monétaire international (FMI) a été favorable au pays, malgré un maigre bilan économique et un avancement insuffisant des réformes.

Soulagement pour le gouvernement tunisien : le FMI donne son feu vert au décaissement de 308 millions de dollars correspondant à la deuxième tranche du crédit de 2,9 milliards de dollars octroyé à la Tunisie en juin 2016.

« Le gouvernement a réalisé des progrès encourageants dans la mise en œuvre des réformes qui avaient été retardées, pour ainsi s’attaquer aux barrières structurelles qui pèsent sur l’économie tunisienne », a conclu dans un communiqué Björn Rother, président de la délégation du FMI.

« Parmi les importants volets de ce programme, il convient de mentionner les nouveaux textes de loi sur l’investissement et la concurrence, les travaux d’établissement d’une nouvelle instance constitutionnelle chargée de la lutte contre la corruption et les mesures de réforme des banques et des entreprises publiques, cite encore le FMI. Une réforme globale des pensions permettra d’assurer la viabilité du système de retraites pour les générations futures ».

Le Fonds table désormais sur la participation de la Tunisie au G20 Compact With Africa pour confirmer les engagements des investisseurs annoncés lors de la conférence Tunisia 2020, en novembre 2016.

Riposte économique « urgente »

Il n’empêche : le bailleur de fonds n’a pas concédé la troisième tranche du crédit d’un montant de 350 millions de dollars. Il a souligné que la »conjoncture économique difficile » exigeait de la part des autorités tunisiennes une « riposte urgente et énergique » afin de « maintenir la stabilité macroéconomique » et de « doper la création d’emplois ».

Le verdict du FMI est clair : « La création de plus de débouchés économiques pour tous les Tunisiens et le maintien de la santé des finances publiques doivent être au cœur de la stratégie économique du gouvernement. »

À court terme, les priorités consisteront à accroître les recettes fiscales de manière équitable, à mettre en œuvre la stratégie de réforme de la fonction publique afin de placer la masse salariale sur une trajectoire viable, à réduire les subventions énergétiques et à couvrir les déficits de liquidité immédiats du système de sécurité sociale.

Dévaluation du dinar

« L’augmentation des dépenses sociales et un meilleur ciblage du dispositif de protection sociale permettront de protéger les populations les plus vulnérables et de préserver leur pouvoir d’achat en cette conjoncture difficile », recommande l’institution de Bretton Woods. « Un durcissement de la politique monétaire permettrait de contrer les tensions inflationnistes, et une plus grande flexibilité du taux de change aiderait à réduire le considérable déficit commercial. »

Une manière d’annoncer, selon Radhi Meddeb, économiste et patron du groupe d’ingénierie Comete Engineering, une dévaluation du dinar ou l’accélération de sa glissade accompagnée du relèvement du taux d’intérêt pour diminuer le poids des subventions. Les conclusions du FMI laissent prévoir un accès au crédit plus difficile, l’augmentation des prix du carburant et une nécessaire réforme globale des retraites.

Ces mesures visent à diminuer la pression sur les finances publiques, mais seront selon lui peu opérantes sans « une vision globale et une approche stratégique de relance dans l’inclusion et la reconstruction de notre tissu économique sur la base d’une compétitivité retrouvée ».

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