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Législatives en Algérie : haro sur les candidates sans visage

Une femme passe devant une affiche pour les élections législatives, le 2 mars 2017 à Alger. © Anis Belghoul/AP/SIPA

On les appelle "les femmes fantômes", car leur visage a été effacé de certaines affiches électorales. Les autorités viennent d'adresser une mise en demeure aux partis politiques concernés.

Depuis le démarrage de la campagne électorale, dimanche 9 avril, des candidates voilées apparaissent sans visage sur les affiches de plusieurs listes partisanes, leurs traits ayant été grossièrement effacés à l’aide du logiciel Photoshop. Dans la case réservée à leur photo, il n’y a que leur nom et leur fonction. Ainsi effacées, par conservatisme, ou bien reléguées à des places où elles n’étaient pas sûres de gagner, certaines candidates ont été rendues invisibles.

Lundi 17 avril, les autorités algériennes ont réagi, afin de mettre fin à cette pratique ubuesque. « Des mises en demeure ont été adressées aux partis politiques dont les listes n’affichaient pas les photos des candidates aux législatives dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj (200 km à l’est à d’Alger) », a ainsi affirmé le coordinateur de la Haute instance indépendante de surveillance des élections (Hiise), Hassan Noui, cité par l’agence APS.

C’est dans cette wilaya où les exemples de femmes fantômes les plus éloquents ont été enregistrés. Les partis politiques concernés par cette mise en demeure sont le Front des forces socialistes (FFS, opposition), l’union Ennahdha-Adala-Bina (islamiste), le Front national algérien (FNA), le Front algérien pour le développement, la liberté et la justice (FADLJ) et le front du militantisme national (FMN).

48h pour changer d’affiches

Les partis cités ci-dessus ont un délai de 48 heures pour changer leurs affiches, sous peine de retrait. Sur les réseaux sociaux, le slogan officiel des élections « Fais entendre ta voix » a été détourné en « Montre ton visage ».

Les autorités algériennes considèrent « ces dépassements dangereux et contraire aux lois ». « C’est une atteinte à l’image de ces femmes qui se portent candidates pour représenter le peuple […] et le citoyen a le droit de connaître la personne à qui il donne sa voix », a affirmé le représentant de la Hiise.

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