Gambie : qui est Mariam Jack Denton, la nouvelle présidente du Parlement ?

Des Gambiens faisant la queue devant un bureau de vote à Banjul, le 6 avril 2017, pour élire leurs députés. © AP/SIPA

Présider le Parlement, chez les Denton, c’est une histoire de famille. Élue à à cette fonction le 11 avril à Banjul, Mariam Jack Denton marche ainsi dans les pas de son père Sir Alieu Sulayman Jack, nommé président de l'Assemblée à deux reprises entre 1962 et 1972.

Optimiste face au processus de démocratisation dans lequel la Gambie est engagée depuis les élections présidentielles de décembre 2016, Mariam Jack Denton s’est engagée suite à sa nomination à « faire de [s]on mieux pour être à la hauteur des attentes », à exercer ses fonctions avec « impartialité » et à en « préserver la dignité ».

« J’ai hâte de travailler aux côtés de l’Assemblée, et de veiller à ce que la priorité soit accordée au bien-être de la population », a-t-elle par ailleurs assuré, le 11 avril dernier, lors de sa prise de fonction à la tête de l’Assemblée nationale gambienne, qui compose à elle seule le Parlement.

Emprisonnée sous Jammeh

Née en 1952 à Banjul, Mariam Jack Denton poursuit des études de droit à l’université d’Ife, au Nigeria (aujourd’hui université d’Obafemi Awolowo). De retour en Gambie, elle devient la première femme à accéder au Barreau, en 1979. Elle intègre par la suite le ministère de la Justice, puis devient Conseillère d’État. Elle fait en outre partie du Parti Démocratique Unifié [UDP, ancienne formation d’Adam Barrow, ndlr] depuis sa création, en 1996.

En avril 2006, elle est arrêtée à son domicile, suspectée d’avoir dissimulé des informations sur la préparation du coup d’État manqué du Chef de l’Armée gambienne, Ndure Cham. Détenue pendant trois mois, elle poursuit le gouvernement devant la Cour Suprême pour cette arrestation arbitraire, et se voit relâchée à l’issue d’une bataille judiciaire.

L’UDP vainqueur des législatives

Lors des élections législatives qui se sont tenues le 6 avril, l’UDP a obtenu 31 des 53 sièges à pourvoir. L’ancien parti de Jammeh, l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), détenteur de la majorité absolue au cours de la dernière législature, n’a conservé que 5 sièges sur les 29 circonscriptions dans lesquelles le parti avait présenté des candidats.

Pour sa part, Mariam Jack Denton succède à ce poste à Abdolie Bojang, le dernier speaker de l’ère Jammeh.