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Tunisie : journée de colère étudiante pour dénoncer des violences policières

Par Jeune Afrique avec AFP

Un membre de la Garde nationale dans la banlieue de Tunis, en 2014. © Aimen Zine/AP/SIPA

Une "journée de colère", accompagnée d'un appel à une grève générale, ont été décrétés ce vendredi par le syndicat estudiantin Uget. Objectif : dénoncer les violences policières survenues selon lui mardi 11 avril lors d'une manifestation étudiante à Tunis.

À l’occasion de cette « journée de colère », un nouveau rassemblement était prévu à la mi-journée ce vendredi sur l’avenue Habib Bourguiba, à Tunis,  où un important dispositif de sécurité était déjà en place dans la matinée. Des dizaines d’étudiants ont également manifesté la veille.

Démenti du gouvernement

Interrogé par l’AFP, un dirigeant de l’Union générale des étudiants de Tunisie (Uget), Nidhal Khadraoui, a dénoncé les violences policières ayant émaillé la manifestation de mardi, devant la présidence du gouvernement. « 43 étudiants ont été blessés, dont cinq grièvement », selon lui.

« Cette information est dépourvue de tout fondement », a rétorqué le ministère de l’Intérieur ce vendredi 14 avril, dans un communiqué, ajoutant que l’intervention des forces de l’ordre le 11 avril s’est faite conformément aux dispositions de la loi.

« Les forces de l’ordre ont dressé un barrage de sécurité pour empêcher les manifestants de s’approcher de la porte principale du ministère de l’Intérieur sans avoir recours à la force. Les étudiants ont été informés qu’ils pouvaient poursuivre leur mouvement de protestation sans pour autant dépasser le barrage sécuritaire », indique le texte.

Dans une déclaration à la radio privée Mosaïque FM, le ministre de l’Intérieur, Hédi Majdoub, a par ailleurs affirmé que les heurts avaient opposé deux groupes d’étudiants. « Aucune enquête n’a été ouverte sur ce sujet parce qu’il n’y a eu aucune agression sur les étudiants en droit de la part de l’institution sécuritaire », a-t-il dit.

Les lycéens concernés

La contestation de ces étudiants porte sur un décret ministériel (décret n°345) publié en mars, et modifiant les conditions d’accès au concours d’entrée à l’Institut supérieur de la magistrature (ISM) pour le limiter aux détenteurs d’un Master en droit ou en sciences juridiques. Inquiets ne pas pouvoir passer ce concours, des étudiants en droits inscrits en licence ou pour une maîtrise exigent le retrait du texte.

Tentant d’apaiser les tensions, le ministre la Justice, Ghazi Jerbi, avait déclaré mercredi à l’agence TAP que les étudiants inscrits actuellement dans les facultés de droit et les diplômés des facultés de droit détenteurs d’une licence ou d’une maîtrise n’étaient pas concernés par le décret, qui entre en vigueur à la rentrée universitaire 2017/2018. Et ce, même s’ils sont redoublants. « Cela s’appliquera aux nouveaux étudiants qui, au jour d’aujourd’hui, ne sont pas encore étudiants, mais lycéens », avait-il précisé sur la chaîne El Hiwar Ettounsi.

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