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Exclusif : la RDC suspend sa coopération militaire avec la Belgique

Un soldat congolais à Kinshasa en novembre 2006 durant une cérémonie militaire. © SCHALK VAN ZUYDAM/AP/SIPA

Kinshasa a décidé de suspendre sa coopération militaire avec Bruxelles, a déclaré le ministère belge de la Défense à Jeune Afrique ce jeudi 13 avril. La semaine dernière, le ministre belge des Affaires étrangères avait critiqué la nomination de Bruno Tshibala au poste de Premier ministre.

« Notre attaché de Défense à Kinshasa a reçu un courrier nous informant de la suspension de notre coopération militaire » a déclaré Laurence Mortier, porte-parole du ministère belge de la Défense à Jeune Afrique ce jeudi 13 avril. Une information confirmée par une source militaire congolaise sous couvert d’anonymat.

« Nous sommes en train de faire un inventaire de ce que ce cette coopération recouvrait », a-t-elle poursuivi, ne souhaitant pas s’exprimer davantage sur les motivations de cette décision, une première depuis plus d’une décennie.

Rompue suite à l’arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila à la tête d’une rébellion, en 1997, la coopération militaire entre la RDC et l’ancienne puissance coloniale avait été rétablie peu de temps après l’arrivée au pouvoir de l’actuel président, Joseph Kabila, et n’avait plus été interrompue depuis.

Elle concerne principalement des actions de formation. Les militaires belges avaient notamment formé deux brigades d’interventions rapides, qui s’étaient illustrées contre l’insurrection Enyele, dans l’Équateur, au début des années 2010, puis contre la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) au Nord-Kivu, en 2012 et 2013. Ils accompagnent encore les militaires congolais sur le terrain aujourd’hui.

Critiques de Bruxelles

Cette décision intervient dans un contexte de tension entre Bruxelles et Kinshasa. Le vice-Premier ministre belge et ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, avait notamment critiqué la nomination au poste de Premier ministre de Bruno Tshibala, un transfuge de l’opposition dans un communiqué le 8 avril dernier.

Cette nomination « s’écarte de la lettre et de l’esprit de l’Accord de la Saint-Sylvestre » avait-il notamment estimé. « La Belgique est préoccupée par le fait que les autorités de transition ne disposent pas du large soutien nécessaire », avait-il ajouté.

« Dans ce contexte, et suite à la forte détérioration de la situation sécuritaire et des droits de l’Homme dans différentes parties du pays, la Belgique se concertera avec ses partenaires internationaux concernant les relations avec la RDC » avait encore affirmé le ministre belge. Visiblement, Kinshasa a décidé de prendre les devants.

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