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Les conseils du Dr Soly Bensabat pour lutter contre l’usure et le stress

Le Dr Solybansabat. © DR

Diabète, hypertension, obésité... Dans "Devenez votre premier médecin", paru aux éditions Michel Lafon, le médecin de plusieurs chefs d'État africains, Soly Bensabat, donne plusieurs pistes pour éviter ces fléaux, responsable de trop nombreux décès sur le continent.

Trois adultes sur 1 000 touchés par un AVC chaque année, 30% de la population souffrant d’hypertension artérielle, 42 millions de diabétiques à l’horizon 2030 sur les 600 millions que comptera la planète, entre 21 et 40% de personnes en situation de surpoids ou d’obésité… Dans notre dernier hors-série L’Afrique en 2017, le cardiologue camerounais Aimé Bonny dressait un sombre tableau de la situation sanitaire sur le continent, soulignant une nette progression des pathologies non transmissibles comme le cancer, l’insuffisance cardiaque ou encore le diabète. Une fatalité?

Pas pour le docteur Soly Bensabat, spécialiste de médecine préventive et également médecin privé de plusieurs chefs d’État africains, selon lequel ces maladies chroniques peuvent être aujourd’hui largement évitées. « Certes, nous ne sommes pas tous égaux devant les maladies, mais le facteur génétique n’intervient que pour 30% dans la survenue de nombreuses pathologies, les 70% restants étant liés à nos mauvaises habitudes de vie et de nutrition », affirme-t-il.

Notre santé est notre meilleur capital

Après trente ans d’expérience, d’observation et d’écoute, le docteur Soly Bansabat assure avoir écrit Devenir votre premier médecin pour inciter le lecteur à prendre soin sa santé (« notre meilleur capital », dit-il), afin de mieux se protéger et se prémunir contre la survenue de pathologies graves qui compromettent l’espérance de vie. Un vademecum, en quelque sorte, de ce qu’il faut faire − ou ne pas faire − pour rester plus longtemps jeune, performant et en bonne santé.

La meilleure façon d’y parvenir, selon Soly Bensabat, « c’est d’éviter et de neutraliser précocement le processus de dégradation responsable de la maladie et de l’usure. » Pour cela, il faut apprendre d’une part à manger plus sainement (les mauvaises graisses et surtout les sucres rapides sont les pires ennemis de notre santé), de l’autre, à neutraliser le mauvais stress, ce mal du siècle.

Gérer son stress et relativiser

Le docteur Bensabat explique : « Le mauvais stress engendre la sécrétion de mauvaises hormones, dont le cortisol, responsable de la diminution de l’immunité, de la dépression nerveuse, voire de cancers. C’est ce qui se produit quand nous nous sentons dominés dans des situations que nous ne maîtrisons pas, quand nous les subissons sans pouvoir ni y répondre ni avoir de porte de sortie, mais aussi quand nous sommes contraints, humiliés ou frustrés. »

Soly Bensabat recommande aux Africains en particulier de se prendre en charge et de ne pas  transformer leurs maisons en auberges espagnoles, où ils reçoivent à longueur de journée des personnes venues soumettre leurs problèmes. « Bien sûr, il ne faut pas être indifférent aux autres, admet le médecin. Mais la Bible dit aussi : « Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? » Il ne faut donc pas se laisser submerger par les problèmes des uns et des autres. »

Parmi les solutions proposées dans l’ouvrage, sa « méthode des 4 R ». Elle permet de mieux gérer son stress au quotidien et consiste à prendre du Recul pour Réinterpréter, Relativiser et Revenir à l’essentiel. « Apprendre à ne pas réagir instinctivement et émotionnellement à une situation de stress − ce qui crée toujours angoisse et anxiété , apprendre à dire « stop » et prendre du recul pour réinterpréter ce qui arrive : que se passe-t-il, de quoi s’agit-il et est-ce important ? Le simple fait de se poser ces questions diminue l’acuité de la situation de stress. »

« Après avoir réinterprété la situation, on relativise : ce n’est pas bien grave et il y a une solution. On relativise donc pour revenir à l’essentiel, c’est-à-dire à la vie et à ce qui nous est le plus cher. Y a-t-il plus important que la vie elle-même ? », résume le spécialiste. C’est un véritable travail sur soi. Il faut donc s’exercer à « glisser » et ne pas « se prendre la tête », ne pas s’entêter et ne pas ruminer les situations qui nous font du mal.

Surveiller son alimentation

Outre la gestion du stress, Soly Bensabat nous conseille de reprendre le contrôle de notre alimentation et de lutter contre le surpoids et l’obésité, qui augmentent de 30% les risques de cancer et de maladies cardiovasculaires. Il part ainsi en guerre contre les mauvaises graisses et les mauvais sucres dits rapides, responsables de la dégradation et de la maladie.

Soly Bensabat recommande également de faire attention au sucre des fruits. Par exemple, les fruits riches en fructose comme la banane, la mangue, les raisins et la pastèque sont à éviter. Leur sucre consommé en excès est transformé en graisse, qui elle se loge en premier lieu au niveau du ventre, ce qui explique le nombre important d’obésités abdominales et de diabètes gras sur le continent.

Il ne faut pas attendre le choc du diagnostic pour réagir, car souvent il est déjà trop tard.

Mais il ne suffit pas de surveiller son alimentation et de gérer son stress pour éviter la catastrophe. Il convient aussi de contrôler régulièrement et périodiquement sa santé pour ne pas se trouver piégé par la maladie et l’accident de santé, dont l’AVC et la crise cardiaque, qui peuvent être grandement évités. « Il ne faut pas attendre le choc du diagnostic pour réagir, car souvent il est déjà trop tard », assure le docteur Bensabat.

Il déplore les évacuations sanitaires urgentes et coûteuses qui s’imposent aux États, nombre d’Africains arrivant avec des cancers à un stade avancé, un diabète à un stade tardif de complication (proche de l ‘amputation) ou encore une hypertension sévère avec des répercussions cardiaques. Dans ces cas, évidemment, la réponse thérapeutique n’est pas celle que l’on pourrait espérer.

Se prendre en charge soi-même

« On peut toujours incriminer l’absence de politique de santé publique sur le continent, analyse le praticien, également à la tête de Paris Prévention, l’un des centres de check-up les plus courus de la capitale française. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi se prendre en charge soi-même, prendre soin de soi grâce à un vrai check-up : la prévention est la meilleure arme contre la maladie, mais une prévention précoce, qui intervient avant que le mal ne soit fait. »

En trente ans, Paris Prévention a vu défiler des centaines de dignitaires africains, des chefs d’État aux ministres en passant par les chefs d’entreprise. « L’intérêt est de concentrer l’ensemble des examens sur une demi-journée ». Les patients sont examinés par sept spécialistes, au même endroit, du cardiologue au gastro-entérologue en passant par l’urologue, le gynécologue ou l’ORL. Les résultats sont disponibles au bout de 48 heures, et complétés, suivant les cas, par d’autres investigations (scanner, IRM). Il sont réunis dans un dossier d’une cinquantaine de pages, comportant par ailleurs une série de recommandations (arrêter de fumer, faire du sport, réduire la quantité de sel…), des prescriptions médicamenteuses et des conseils personnalisés pour entretenir son capital jeunesse.

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