Côte d’Ivoire : les pro-Gbagbo commémorent l’arrestation de l’ancien président

Par - envoyé spécial

Laurent Gbagbo, le 11 avril au Golf Hotel, à Abidjan, en Côte d'Ivoire. © Aristide Bodegla/AP/SIPA

Les partisans de Laurent Gbagbo se sont retrouvés ce mardi pour commémorer le sixième anniversaire de la chute de l'ancien président ivoirien.

Mardi 11 avril, alors que l’ensemble de l’exécutif se retrouvait dès 7 heures du matin pour plancher sur son plan d’action jusqu’en 2020, une partie de la Côte d’Ivoire avait les yeux rivés sur le passé.

Car il y a six ans, à la mi-journée, l’ancien président Laurent Gbagbo était arrêté à l’issue d’une attaque sur sa résidence présidentielle de Cocody à Abidjan par les forces d’Alassane Ouattara, appuyées par les forces françaises de l’opération Licorne et de la mission des Nations unies (Onuci). C’était la fin d’une longue crise synonyme de victoire pour un camp, de défaite pour l’autre. Pour tous, c’était la fin d’une guerre.

C’est pour « partager le souvenir de ce moment douloureux » où « la Côte d’Ivoire est tombée aux mains de ses agresseurs » que la tendance dirigée par Aboudramane Sangaré du Front populaire ivoirien (FPI) s’est réunie dans l’ancienne résidence de Laurent Gbagbo, à la Riviera Golf. Pendant une bonne partie de la journée, les cadres de cette frange, fidèle à l’ancien Président et opposée à Pascal Affi Nguessan, ont célébré leur champion. Plusieurs intervenants ont pris la parole, tantôt pour débattre du concept de « coup d’État », tantôt pour évoquer le rôle de la communauté internationale, particulièrement de la France, dans le règlement de la crise post-électorale de 2010-2011.

Ni en paix, ni en guerre

La tendance dirigée par Pascal Affi N’Guessan a également profité de cet anniversaire pour rappeler que « la Côte d’Ivoire demeure dans une situation qui n’est ni la paix ni la guerre. En effet, les traumatismes du conflit armé post électoral continuent d’être entretenus par les tenants du pouvoir. »

Dans un communiqué signé de la porte-parole du parti Agnès Monnet, le FPI a estimé que « la fracture sociale est aggravée par une politique d’exclusion et une gestion clanique du pouvoir. La réconciliation nationale ne semble pas préoccuper les tenants du pouvoir qui continuent de nier et de violer les droits des citoyens ne partageant pas leur vision ».

Et de poursuivre : « Une justice des vainqueurs s’abat sur les militants du FPI et les proches du président Laurent Gbagbo. Des milliers d’Ivoiriens sont contraints à l’exil et vivent dans des conditions inhumaines et dégradantes dans des camps de réfugiés. »

Le député proche de Guillaume Soro et ancien membre du gouvernement, Alain Lobognon, s’est également fendu d’un commentaire. Pour lui, « le 11 avril n’est point une victoire, encore moins une défaite pour un camp ». « Le 11 avril est l’échec de toute la classe politique de Côte d’Ivoire, qui depuis cette date, peine à entonner en chœur l’hymne du pardon, de la réconciliation et de la paix », a-t-il déclaré sur sa page Facebook.

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