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Procès des disparus du Novotel : prison à vie requise contre 5 accusés, dont l’ex-général Dogbo Blé

L'ancien commandant de l'ex-garde républicaine, Brunot Dogbo Blé, le 21 février 2017 au tribunal de Yopougon. © Jeune Afrique

Des peines de prison à vie ont été requises ce mardi à l'encontre de cinq des dix accusés − dont l’ancien commandant de l’ex-garde républicaine Brunot Dogbo Blé −, jugés à Abidjan pour les arrestations suivies des meurtres de quatre expatriés au Novotel d'Abidjan lors de la crise post-électorale ivoirienne.

Le procureur général, Souleymane Koné, a requis mardi 11 avril « la prison à vie » à l’encontre des cinq principaux accusés du procès « des disparus du Novotel » : l’ancien général Brunot Dogbo Blé, les colonels Jean Aby et Léopold Mody Ohoukou, l’ex-commissaire de police Osée Loguey, mais aussi Henri Joël Guéhi Bléka.

Le procureur a également demandé une privation des droits civiques pour une durée de 10 ans, et « le retrait des distinctions militaires » de ces anciens hauts gradés de l’armée ivoirienne.

« Ils sont coupables »

« Les principaux coupables sont connus, notre conviction est claire », a déclaré Souleymane Koné quelques instants après son réquisitoire, rendu après presque deux mois d’audience au tribunal de première instance de Yopougon.

Le procureur a par ailleurs demandé dix ans d’emprisonnement à l’encontre de l’ancien milicien Max Landry Yoro Tapéko, qui avait reconnu sa présence lors du rapt du 4 avril 2011. Ce jour-là, au plus fort de la crise post-électorale, un commando avait fait irruption au Novotel d’Abidjan, enlevant quatre expatriés : Stéphane Frantz Di Rippel, alors directeur de l’hôtel, Yves Lambelin, directeur général du géant ivoirien Sifca et ses collaborateurs béninois Raoul Adeossi et malaisien Chelliah Pandian.

Selon l’enquête, les quatre hommes avaient été emmenés au palais présidentiel, où ils avaient été torturés puis tués. Plus de six ans après les faits, seul les restes d’Yves Lambelin, retrouvés dans la lagune Ébrié, ont à ce jour été identifiés.

Les plaidoiries de la défense attendues le 12 avril

« On ne saura jamais où les corps ont été jetés, c’est l’un des regrets de ce procès », a réagi Pierre-Olivier Sur, avocat français de la famille de Stéphane Frantz Di Rippel. « Je salue le travail du parquet général […] qui a demandé à ce qu’on leur retire leur grade et leur honneur de militaire », a ajouté Me Sur.

Le procureur général a en revanche requis l’acquittement de quatre accusés : Félix Houphouët Koffi, Koffi Zazou, Don Joël et Joseph Séry, qui travaillaient tous les quatre au palais présidentiel. « Ils ne peuvent être déclarés coupables car leur intention criminelle fait défaut », a précisé Souleymane Koné face aux journalistes.

Après la plaidoirie des parties civiles mercredi 5 avril, les avocats de la défense, dont Me Ange Rodrigue Dadjé, également conseil de Simone Gbagbo, plaideront mercredi 12 avril. Deux semaines après l’acquittement de l’ancienne première dame lors de son procès pour « crime contre l’Humanité », nul doute que la défense tentera d’obtenir le même verdict.

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