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Présidence de la Commission de l’UEMOA : Abdallah Boureima élu, le Niger gagne son bras de fer face au Sénégal

Lors du forum "Investir dans l'UEMOA", à Dubaï, le 10 septembre 2014. © Sarah Owermohle/CC/Flickr

Le Niger a finalement remporté son bras-de-fer avec le Sénégal dans la bataille pour la présidence de la commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). C'est l’ancien ministre des Finances nigérien Abdallah Boureima qui a été choisi, après une bataille de plusieurs mois.

Le Niger n’a pas lâché et cela a payé : Abdallah Boureima, qui était jusque-là commissaire chargé de la fiscalité et des politiques,  a été élu lundi 10 avril à l’unanimité président de la commission de l’UEMOA. L’ancien ministre des Finances nigérien, réputé homme de confiance du président Mahamadou Issoufou, succède ainsi à l’ancien Premier ministre sénégalais Cheik Hadjibou Soumaré, qui occupait le poste depuis 2001.

Cela ne s’est pourtant pas déroulé sans anicroche. Depuis de longs mois, et en particulier depuis la démission de Cheik Hadjibou Soumaré le 1er décembre 2016, le Niger et le Sénégal s’affrontaient sur le terrain diplomatique au sujet de cette nomination. D’un côté, Niamey estimait que le poste lui revenait de droit après un acte signé en juillet 2011. De l’autre, Dakar espérait encore récemment conserver le poste, en y installant un des conseillers du président Macky Sall, Abdoulaye Diop.

Fin du bras-de-fer

Dans un courrier adressé fin janvier à l’Ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de l’organisation, le Sénégal avait ainsi proposé qu’Abdoulaye Diop, son ancien ministre du Budget, soit nommé commissaire, espérant que la présidence de la commission lui serait confiée par la suite. Mais Niamey, qui avait déjà échoué en 2011 à y installer l’un des siens, Mamane Badamassi Annou, avait aussitôt riposté.

La diplomatie nigérienne avait à son tour écrit à Alassane Ouattara en soutenant que, en vertu d’un acte signé en juillet 2011 lors d’une conférence des chefs d’État de l’UEMOA, le poste devait revenir à un Nigérien à la fin du mandat courant de 2011 à 2016. « Selon cet acte, signé par les chefs d’État, aucun autre pays que le Niger ne peut présenter de candidat », assurait Ibrahim Yacouba, ministre des Affaires étrangères, à Jeune Afrique.

Le Sénégal reprendra la main

Le Niger a donc finalement obtenu gain de cause. « Dans un esprit de solidarité et de fraternité et dans le souci de permettre la poursuite du bon fonctionnement de l’Union, le président Macky Sall a répondu favorablement à la sollicitation de ses pairs pour l’attribution jusqu’en 2021, de la présidence de la Commission de l’UEMOA au Niger, soit pour un mandat unique », explique la présidence sénégalaise dans un communiqué lundi 10 avril.

Le Sénégal, qui cède l’UEMOA peu après avoir échoué à faire élire Abdoulaye Bathily à la tête de la Commission de l’Union africaine, n’a cependant pas tout perdu. Non seulement il est d’ores et déjà acté qu’il reprendra la présidence en 2021. mais, surtout, la présidence sénégalaise a précisé que la Conférence des chefs d’État avait décidé que le Sénégal le ferait « de manière définitive ».

De plus, pour « rééquilibrer la répartition des postes », la conférence « a attribué, avec effet immédiat, le poste de président du Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers au Sénégal » à Mamadou Ndiaye, ancien cadre de la Banque centrale de l’Afrique de l’ouest (BCEAO).

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