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Maroc : le nouveau ministre de l’Intérieur en mission à El Hoceima pour apaiser les esprits

Par Jeune Afrique avec AFP

Dans les rues d'Al Hoceïma, des milliers de personnes ont protesté contre la mort tragique de Mouhcine Fikri, le 30 octobre 2016. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Sur instruction royale, Abdelouafi Laftit a tenu une grand réunion lundi dans cette ville du Rif, agitée depuis plusieurs mois par des manifestations parfois violentes. Objectif : accélérer le plan de développement de la région.

Actualité oblige, c’est à la ville d’El Hoceima que le nouveau ministre marocain de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a réservé sa première visite officielle. Une ville du Nord devenue le cœur d’un mouvement de protestation qui dure depuis des mois et que le pouvoir tente de calmer.

La mort d’un vendeur de poissons, Mouhcine Fikri, broyé dans une benne à ordures alors qu’il tentait de s’opposer à la confiscation de sa marchandise par des agents de l’État, avait cristallisé la colère d’une population qui s’estime délaissée.

Instructions royales

Face au mécontentement persistant, le roi Mohammed VI a donné « instruction » au nouveau ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, en poste depuis la nomination du nouveau gouvernement marocain le 5 avril, d’aller rencontrer élus et responsables locaux, a indiqué le ministère dans un communiqué publié lundi 10 avril. Laftit a mis en avant l’engagement de l’État à « poursuivre son approche de développement », tout en critiquant sans les nommer ceux qui « œuvrent à exploiter les mouvements de protestation qu’a connus la région dans le but d’alimenter des situations de tension sociale et politique ».

« Nous sommes disposés à nous asseoir à table avec l’État pour trouver des solutions, mais il doit accepter de répondre favorablement à nos revendications, autrement, il ne fera qu’aggraver la crise », a martelé Nabil Ahamjik, un activiste joint par l’AFP. « Notre position n’a pas changé. Tant que l’État ne répondra pas à nos revendications, nous poursuivrons la mobilisation », a déclaré à l’AFP Reda Benzaza, un autre activiste.

Manifestations répétitives

La plupart du temps pacifiques, les manifestations ont quelquefois été émaillées de violences. Comme fin mars, quand des protestataires ont attaqué avec des jets de pierres une résidence de la police dans une localité proche de la ville.

Dimanche 9 avril, la veille de la visite du ministre, des milliers de manifestants ont de nouveau défilé dans les rues d’El Hoceima, brandissant des portraits de Mouhcine Fikri, mais aussi d’Abdelkrim El Khattabi », figure régionale et chef militaire de l’éphémère « République du Rif » dans les années 1920.

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