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Ouganda : une universitaire inculpée pour outrage au président Yoweri Museveni

Par Jeune Afrique avec AFP

Yoweri Museveni et sa femme Janet Museveni à Kampala, le 12 mai 2016. © Stephen Wandera/AP/SIPA

Très présente sur les réseaux sociaux, Stella Nyanzi a été arrêtée le 7 avril en raison des critiques qu'elle avait formulées à l'égard du Président, alors qu'elle est surtout connue pour ses posts critiquant la femme de Yoweri Museveni.

Stella Nyanzi, universitaire et activiste des droits de l’Homme en Ouganda a été inculpée ce lundi par un tribunal de Kampala pour harcèlement et outrage envers le chef de l’État Yoweri Museveni.

Cette femme de 42 ans arrêtée le 7 avril est connue du public ougandais pour ses commentaires postés sur les réseaux sociaux et visant généralement, non pas le Président lui-même, mais plutôt Janet Museveni, la ministre de l’Éducation, qui n’est autre que l’épouse du président Museveni.

Contrairement à ce que nombre d’observateurs ougandais supposaient après son arrestation, l’universitaire n’a pas été inculpée pour ses attaques contre Janet Museveni, mais pour des commentaires peu amènes envers le chef de l’État.

L’acte d’inculpation mentionne notamment un commentaire posté sur Facebook le 28 janvier dans lequel elle compare le président, entre autres, à « une paire de fesses ». Une remarque qualifiée d' »obscène ou indécente » par le tribunal.

Une activiste connue des Ougandais

« Le Dr Stella Nyanzi est inculpée de harcèlement par internet et d’outrage, [et] d’utilisation de son compte Facebook pour perturber la vie privée du président Museveni, ce qu’elle dément », a expliqué à l’AFP son avocat Nicholas Opiyo. « Le Dr Nyanzi est dans son droit, tel que défini par la Constitution, et nous sommes prêts à mener une bataille juridique avec l’État pour défendre ses droits. »

Récemment encore, l’universitaire multipliait les attaques après que le gouvernement a renoncé à fournir gratuitement des serviettes hygiéniques aux filles scolarisées, malgré une promesse de campagne électorale. Stella Nyanzi avait surtout défrayé la chronique en avril 2016 lorsqu’elle s’était entièrement dénudée dans l’enceinte de la prestigieuse université de Makerere à Kampala, pour protester la décision de l’université de lui supprimer son bureau. Elle avait alors posté sur internet des photos d’elle dans le plus simple appareil et l’université était revenue sur sa décision.

Le tribunal a ordonné son maintien en détention. Ses avocats comptent prochainement demander sa remise en liberté provisoire.

Intimidation d’un soutien de Stella Nyanzi

« L’arrestation et les chefs d’inculpations retenus contre le Dr Nyanzi constituent une nouvelle preuve que ceux qui expriment des vues critiques envers le gouvernement se retrouvent à en payer le prix », a réagi Human Rights Watch dans un communiqué.

Reporters sans frontières a pour sa part signalé que Gertrude Uwitware, une journaliste de NTV, la principale télévision privée d’Ouganda, qui avait pris la défense de Stella Nyanzi dans un blog, avait été brièvement kidnappée et passée à tabac samedi soir. Selon l’organisation, les agresseurs de la journaliste l’auraient sommée d’arrêter de s’en prendre aux Museveni, et de détruire tous ses posts Facebook ou Twitter trop critiques.

 

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