Bernard Cazeneuve réaffirme son soutien à la jeune démocratie tunisienne

Par Jeune Afrique avec AFP

A Tunis, en Tunisie, en mars 2015. © Christophe Ena/AP/SIPA

En visite à Tunis ce vendredi, le Premier ministre français a encouragé le gouvernement tunisien à poursuivre ses réformes. Bernard Cazeneuve a également réaffirmé le soutien financier et la "confiance" de Paris dans la jeune démocratie tunisienne, encore fragile économiquement.

« Nous apportons notre aide, nos entreprises sont présentes, elles ne sont pas parties et elles ne partiront pas », a souligné Bernard Cazeneuve ce vendredi 7 avril, lors d’une table ronde avec des représentants de la société civile tunisienne.

« En même temps, il faut qu’il y ait des réformes économiques, de manière à ce que nos entreprises puissent aussi bénéficier d’un écosystème qui leur garantisse que les efforts d’investissement qu’elles font soient payés en retour », a-t-il ajouté, assurant que la Tunisie était « sur un chemin […] tout à fait positif » sur ce point-là.

1,2 milliard d’euros sur 5 ans

Le Premier ministre français a notamment salué l’adoption d’un nouveau code de l’investissement, entré en vigueur ce 1er avril. Alors que des participants à la table ronde appelaient la France à renforcer son soutien financier, il a souligné que Paris était déjà « de très loin le premier bailleur de fonds » du pays, avec 1,2 milliard d’euros sur cinq ans.

« Ce que nous avons construit […] ne peut pas être remis en cause » après l’élection présidentielle française, a par ailleurs assuré Bernard Cazeneuve, avant de s’entretenir avec le président Béji Caïd Essebsi et son homologue Youssef Chahed.

Lors d’une conférence de presse ce vendredi, ce dernier s’est d’ailleurs montré très optimiste quant à la situation de son pays. « Nous avons bien sûr des situations difficiles concernant les finances publiques », mais « il y a un retour de la croissance », a insisté Youssef Chahed, se félicitant d’une « reprise de l’activité touristique en provenance de France » ou encore de celle de « l’appareil productif ».

Une grogne sociale persistante

Six ans après sa révolution, la Tunisie fait figure d’unique pays rescapé du Printemps arabe. Elle n’est toutefois pas encore parvenue à relancer son économie, au risque de menacer les acquis démocratiques.

Tunis a dû signer l’an dernier une nouvelle ligne de crédit de 2,9 milliards de dollars sur quatre ans avec le Fonds monétaire international (FMI), dont une équipe effectue à compter de ce vendredi une mission dans le pays pour « évaluer l’avancée des réformes ».

Le versement d’une deuxième tranche d’aides a été reporté en début d’année par le FMI, en raison du retard pris dans la mise en œuvre des réformes en question. Le gouvernement de Youssef Chahed doit notamment tenter de réduire les déficits publics − celui du budget a culminé à 6% du PIB en 2016 −, tout en gérant une grogne sociale persistante, notamment chez les jeunes.

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