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Maroc : déçus par le nouveau gouvernement, les jeunes du PJD veulent des réponses

Le chef du gouvernement marocain, Saadeddine El Othmani, avec son prédécesseur, le secrétaire général du Parti justice et développement (PJD), Abdelilah Benkirane, lors d'un meeting électoral le 25 septembre 2016 à Rabat. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Consternations, incompréhensions... La jeunesse du parti a convoqué une réunion extraordinaire ce samedi 8 avril, avec comme invité phare, Abdelilah Benkirane. C'est le moment de rendre les comptes.

Au lendemain de la nomination par le roi du gouvernement dirigé par Saadedine El Othmani, le PJD essaie de maîtriser la colère qui traverse ses troupes.

Grand vainqueur des législatives, le parti islamiste n’a hérité que de très peu de portefeuilles stratégiques dans cette nouvelle équipe. Après six mois de rudes négociations, ce sont les libéraux du Rassemblement national des indépendants (RNI) et les grandes figures sécuritaires du royaume qui se sont accaparé les ministères les plus importants.

Ce samedi 8 avril, la jeunesse du PJD a convoqué une réunion exceptionnelle de son conseil national à Bouznika (37 km au sud de Rabat). L’ordre du jour est sobre − « discuter de l’actualité du parti » − mais ce rendez-vous a tout l’air d’une réunion de crise qui vise à éteindre le feu des contestations.

Les jeunes veulent savoir

« Le mot contestation est un peu fort car ce n’est pas le cas de tout le monde. En revanche, il y a une volonté de savoir, de débattre, de comprendre… Il est tout à fait normal que les jeunes se posent des questions après ce qui s’est passé ! », déclare à Jeune Afrique Mohamed Amekraz, président du conseil national de la Jeunesse du PJD.

Oui, je suis en colère. Tout le peuple marocain est en colère.

Les islamistes sont très prudents dans leurs déclarations à la presse. Ils ne veulent pas que l’ambiance tendue qui règne dans le parti soit interprétée comme le prélude d’une déchirure interne. Comme à chaque fois qu’ils passent par une crise, ils réactivent les mécanismes de dialogue interne afin de désamorcer tout risque de fronde. Et jusqu’à maintenant, cette stratégie leur a réussi.

Mais la déception est réelle. « Oui, je suis en colère. Tout le peuple marocain est en colère. Ce gouvernement rompt avec la dynamique démocratique initiée en 2011 », lâche Abdelaziz Aftati, ancien député du parti. Son sentiment est partagé par beaucoup de membres du PJD qui assurent que leur formation a « joué le jeu » parce qu’elle ne veut pas « revenir à la rue ».

Abdelilah Benkirane à la rescousse

Ce samedi, en sa qualité de secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, a été invité par les membres de l’organisation de la jeunesse à prononcer le discours d’ouverture de la réunion extraordinaire, et à répondre à leurs questions.

Celui qui a été écarté par le roi pour avoir échoué à former sa majorité n’est pas au bout de ses peines. Il est plus que jamais appelé à resserrer les rangs de son parti avant qu’il ne soit trop tard.