Investissements français : Bernard Cazeneuve en service commandé à Alger

Par Jeune Afrique avec AFP

Bernard Cazeneuve et Abdelmalek Sellal, à Alger, le 6 avril 2017. © Ryad KRAMDI / AFP

En tournée au Maghreb, le Premier ministre français Bernard Cazeneuve a trouvé jeudi à Alger une porte rouverte aux investissements français, avec la conclusion promise d'ici la fin de l'année d'un accord sur une usine PSA Peugeot Citroën dans le pays.

À Alger, lors d’une conférence de presse commune avec son homologue français, le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, a assuré que l’accord sur l’installation d’une usine PSA, pour lequel son gouvernement tardait à donner son feu vert depuis des mois, serait conclu prochainement. « Je vous le confirme effectivement, ce projet verra le jour au cours de cette année », a-t-il déclaré.

En pleine polémique sur une usine Hyundai soupçonnée d’importer des véhicules quasiment assemblés, l’Algérie cherche à rééquilibrer ses projets pour augmenter la part produite sur place, a argué Abdelmalek Sellal face au retard pris par le projet d’usine PSA. celui-ci, qui viendrait s’ajouter à l’usine Renault ouverte à Oran fin 2014, était déjà proche d’aboutir il y a un an, lors de la visite du précédent Premier ministre français, Manuel Valls. Mais il ne s’est pas concrétisé depuis.

Règlement des contentieux

Autre signe possible d’amélioration: Abdelamalek Sellal a fait état du règlement des contentieux opposant Alger à Engie et Total, disant souhaiter des partenariats avec Paris dans la pétrochimie et les énergies renouvelables. Il n’a toutefois pas donné plus de précision.

À l’été 2016, Total avait lancé une procédure d’arbitrage pour contester la façon dont l’Algérie avait rétroactivement modifié le partage des profits tirés du pétrole et du gaz. Le groupe français Engie cherche lui à renégocier ses contrats gaziers à long terme dans le pays, ce qu’Alger voit d’un mauvais œil.

Depuis l’ouverture en grande pompe de l’usine Renault d’Oran, l’Algérie s’inquiète de ne pas voir se concrétiser d’autres investissements français majeurs. La visite de Bernard Cazeneuve n’a d’ailleurs donné lieu qu’à la signature d’accords mineurs. Et la France a été appelée indirectement à faire davantage.

Tendance à la baisse

« Je dois relever l’inquiétante tendance baissière des investissements français en Algérie (…), en contradiction par rapport à notre ambition commune de partenariat stratégique », a dit Abdelmalek Sellal à Bernard Cazeneuve lors de leur rencontre à huis clos, selon son allocution distribuée aux médias.

La relation franco-algérienne, souvent tourmentée du fait du poids de l’histoire, a été « absolument exceptionnelle » durant le quinquennat Hollande, a pour sa part plaidé Bernard Cazeneuve, dont la visite au Maghreb s’apparente à une tournée d’adieu.

À Tunis, des entretiens sont prévus ce vendredi 7 avril entre Bernard Cazeneuve et les chefs de l’État, Béji Caïd Essebsi, et du gouvernement, Youssef Chahed. Une rencontre est aussi programmée avec le Premier ministre libyen, Fayez al-Sarraj, dont le pays demeure en plein chaos politique et sécuritaire.

Le chef du gouvernement français ne devrait toutefois pas négliger l’aspect économique de sa visite alors que la Tunisie, unique rescapée du Printemps arabe, ne parvient pas à s’extraire d’un marasme qui fragilise ses acquis démocratiques, six ans après sa révolution.