Nigeria : le FMI alerte sur la nécessité de réformes urgentes

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Une vue d'Abuja. © Gwenn Dubourthoumieu pour JA

Plombé par la récession, le Nigeria doit mettre en oeuvre des réformes urgentes, alerte le Fonds monétaire international (FMI) dans un rapport publié ce mercredi, selon l'agence Reuters.

Une délégation de l’institution de Bretton Woods achevait mercredi 5 avril une visite de quelques jours à Abuja, la capitale nigériane. Au terme de leur visite, les experts du FMI préconisent que le pays, dont la croissance s’est contractée de 1,5% l’an dernier, abandonne ses restrictions sur la circulation des devises étrangères ainsi que son taux de change multiple.

La première économie du continent est officiellement entrée en récession le 1er septembre dernier, sa première depuis 25 ans, en raison de la baisse des cours du brut qui représentent 90% des exportations du pays et les deux tiers de ses revenus.

La dévaluation du naïra, la devise nationale, qui a perdu 30% de sa valeur par rapport au dollar l’an dernier, a eu de graves conséquences sur l’économie du pays, et entraîné une limitation des importations.

« Dépréciation chaotique »

Hasard du calendrier, les experts du FMI se sont rendus à Abuja le jour même où le président nigérian Muhammadu Buhari présentait devant le Parlement une batterie de mesures censées permettre au pays de renouer avec la croissance. Ce plan, dans lequel  les économistes voient peu de mesures concrètes, s’est aussi attiré les critiques du FMI qui le juge insuffisant pour sortir le pays de la récession.

« Bien plus doit être fait », estiment les experts du FMI qui conseille aussi aux autorités nigérianes d’abandonner leur politique actuelle de taux de change, caractérisée notamment par une surévaluation de la monnaie nationale, le naïra, au risque d’entraîner « une dépréciation chaotique du taux de change ».

La Banque mondiale et le Nigeria ont discuté pendant plus d’un an de la possibilité d’un prêt d’un milliard de dollars pour sortir le pays de la récession tandis que la Banque africaine de développement avait lancé une offre à 400 millions de dollars. Mais les négociations ont buté sur la question des réformes économiques à mener.

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