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Attaque chimique en Syrie : le bilan s’alourdit à 86 morts tandis que les négociations à l’ONU se poursuivent

Par Jeune Afrique avec AFP

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, montrant des photos de victimes de l'attaque chimique qui a eu lieu dans le nord-ouest de la Syrie, au siège de l'ONU à New York le 5 avril 2017. © Bebeto Matthews/AP/SIPA

Le bilan ne cesse de s'alourdir, deux jours après l'attaque au gaz toxique qui a eu lieu dans le nord-ouest de la Syrie. Alors que le vote d'une résolution condamnant le régime de Bachar al-Assad au Conseil de sécurité a été reporté, Donald Trump a déclaré que "de nombreuses lignes" avaient été "franchies", sans préciser ce qu'il comptait faire.

Selon un nouveau communiqué de l’Observatoire des droits de l’homme (OSDH) adressé mercredi soir, 5 avril, le bilan de l’attaque chimique contre la ville syrienne de Khan Cheikhoun, dans la province d’Idleb (nord-ouest), en zone rebelle, s’élève désormais à 86 morts, dont 30 enfants et 20 femmes, en raison du décès de blessés graves. Le bilan précédent faisait état de 72 morts, dont 20 enfants et 17 femmes, près de 170 blessés.

Gaz sarin

La nature des substances chimiques n’a pas été formellement identifiée mais l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a précisé que certaines victimes présentaient des symptômes évoquant une exposition à une catégorie de produits chimiques « comprenant des agents neurotoxiques ».

Sur la base de constatations de son équipe dans un hôpital où sont soignés des blessés, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) a évoqué « un agent neurotoxique de type gaz sarin ».

L’ONU reporte son vote

Convoqué pour une réunion d’urgence suite à cette attaque, le Conseil de sécurité a repoussé mercredi le vote d’une éventuelle résolution, le temps pour les Occidentaux de négocier avec la Russie, alliée de la Syrie.

Ce projet de résolution contient une demande d’enquête de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et que la Syrie fournisse les plans de vol ainsi que toute information sur des opérations militaires au moment de l’attaque.

Moscou avait jugé « inacceptable » en l’état le texte proposé par Washington, Paris et Londres. La Russie avait apporté mercredi une proposition alternative de résolution ne demandant pas spécifiquement à Damas de coopérer avec l’enquête, selon des diplomates.

D’après l’ambassadeur britannique à l’ONU et son homologue français, les négociations étaient toujours en cours, mercredi. Le texte pourrait être voté dès jeudi.

Menaces floues de Donald Trump

Lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche avec le roi Adballah II de Jordanie, le président américain Donald Trump a affirmé que cette attaque chimique, qu’il a qualifiée d’ « affront à l’humanité », avait changé son regard vis-à-vis de son homologue syrien Bachar al-Assad.

« Cette attaque sur des enfants a eu un énorme impact sur moi », a reconnu le chef de l’État, soulignant que « ce qui s’était passé était inacceptable ».  Avec ce raid imputé au régime syrien, de « nombreuses lignes » ont été « franchies », a-t-il souligné. Donald Trump n’a cependant pas dit ce qu’il comptait faire.

Deuxième attaque chimique la plus meurtrière

Selon l’OSDH, il s’agit de la deuxième « attaque chimique » la plus meurtrière de la guerre après celle au gaz sarin qui avait fait plus de 1 400 morts près de Damas en août 2013.

Cette attaque avait failli déclencher une intervention militaire américaine et française, au titre de la fameuse « ligne rouge » de Barack Obama. Mais l’ex-président américain avait à l’époque renoncé au dernier moment, préférant sceller un accord avec Moscou de démantèlement de l’arsenal chimique syrien.

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