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Zimbabwe : un fauteuil de massage pour un Mugabe centenaire et… relax

par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

L’œil de Glez. © Glez / J.A.

Les Zimbabwéens scrutent les signes de santé du président Robert Mugabe, âgé de 93 ans, mais aussi les étranges cadeaux que celui-ci reçoit de son entourage.

Alors que Robert Mugabe a célébré son 93e anniversaire, il ne lui suffit pas d’être le plus vieux chef d’État au monde. Il entend bien être candidat à la prochaine élection présidentielle zimbabwéenne et diriger le pays le plus longtemps possible. Bien sûr, il semble qu’il n’ait pas besoin d’être vivant pour cela : il y a quelques semaines, la Première dame du Zimbabwe, Grace Mugabe, exprimait la conviction que son époux serait réélu à la tête du pays, même s’il décédait avant les élections prévues

Tout de même, et pour éviter que des organisations scandaleusement « droit-de-l’hommistes » ne s’offusquent – quel manque d’imagination ! – au prétexte qu’une momie officierait sur le trône, il serait préférable que le cœur du vieux Bob batte au moins au même rythme que celui d’Abdelaziz Bouteflika. Comment alors défier les lois de l’usure physiologique, sinon en transformant le président zimbabwéen en organisme cybernétique assisté par la technologie ?

La première dame annonçait, dès 2015, qu’elle soutiendrait son mari même s’il devait « se présenter en fauteuil roulant ». Pour renforcer le vieux combattant, et en sus d’éventuelles pièces détachées acquises lors de mystérieux voyages sanitaires en Asie, elle précisait même que l’entourage de son époux allait « fabriquer une chaise roulante spéciale pour le président Mugabe afin qu’il puisse gouverner même à l’âge de 100 ans, car c’est ce que nous voulons ».

« Bon esprit d’équipe »

C’est chose faite. Ces derniers jours, les médias zimbabwéen citant la radio nationale évoquent la chaise de massage que le président a reçu de ses ministres, en guise de cadeau d’anniversaire tardif. En plus du trône frictionnant, Mugabe a reçu une montre personnalisée de 9 carats et un stylo, et vu dans ces présents le signe d’un bon esprit d’équipe qui devrait « prévaloir au service de la nation ».

En présentant les attributs de son vieil et illustre conjoint et en plaisantant sur le « cadavre » de celui-ci, potentiellement « candidat sur les bulletins de vote », la first lady ne joue-t-elle pas avec les tabous pour mieux les relativiser et se positionner elle-même ? L’année dernière, elle avait déclaré, devant une assemblée de femmes, qu’elle faisait déjà tout à la place de son mari…

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