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Omar, 11 ans, chef cuistot, YouTubeur et personnalité web de l’année au Maroc

Omar Archane, petit chef deviendra grand! © DR

Il vient de remporter le prix de la personnalité web de l'année au Maroc. Son histoire, faite de défis et de passions, émeut la toile marocaine.

« Je ne suis pas différent de vous je suis différent comme vous ». C’est avec ce message qu’il a personnalisé sa page Facebook, laquelle compte déjà plus de 75 000 abonnés. Lui, c’est le petit Omar Archane, alias chef Omar, 11 ans. Il est atteint d’une dystrophie musculaire, une maladie qui affaiblit progressivement les fibres des muscles de son  corps. Son rêve, c’est « de marcher un jour » et « d’être le plus grand chef cuisinier au monde ».

Une leçon de courage

Ce dimanche 2 avril, il a gagné le prix de la personnalité la plus inspirante de l’année aux Maroc web awards (MWA), une compétition organisée depuis 2007 par l’agence de communication Synergie Media. Chaque année, les internautes marocains élisent ainsi ceux qui les ont le plus marqués dans une quinzaine de catégories.

Dans sa catégorie, chef Omar est le plus jeune YouTubeur culinaire au Maroc. Sur sa chaîne YouTube, il publie régulièrement des recettes de cuisine faciles à préparer. Tarte aux pommes, salade niçoise, sushis… Il se rêve en ratatouille, exécutant ses recettes avec ses petites mains fragiles. Et à la fin de chacune de ses vidéos, il lâche sa phrase magique : « Et oups, n’oubliez pas le sourire ! »

 

 

Son optimisme est contagieux. « Dès que notre équipe l’a vu, ce fut le coup de foudre ! », témoigne Youness Qassimi, directeur des MWA. Il s’agit d’un enfant qui « relève les challenges, débrouillard, doté d’une grande maturité par rapport à son âge », poursuit-il. Il veut montrer aux autres « qu’on peut y arriver malgré la maladie » et « le regard stigmatisant des gens ».

Actuellement en CM2, il a pourtant failli être privé d’école, son droit le plus élémentaire. Sous prétexte que son handicap demandait des installations matérielles particulières, plusieurs établissements scolaires ne l’ont pas accepté comme élève. En désespoir de cause, ses parents, Loubna, jeune entrepreneuse en événementiel, et Soufiane, employé dans une entreprise de textile, ont pris la décision de l’inscrire au Centre national d’enseignement à distance (CNED) pour qu’il puisse accéder à la connaissance comme tous les enfants de son âge.

« Mais à la dernière minute, sur le conseil d’une amie, j’ai tapé à la porte de l’école américaine qui l’a accueilli avec joie », raconte sa mère. Les tarifs sont chers (près de 100 000 dirhams), le couple savait qu’il allait « se serrer la ceinture », peut-être « solliciter une cotisation familiale », mais « que vaut ce sacrifice face à l’avenir de leur enfant  » ?

Welcome chef Omar

Face à certains internautes qui se moquent de son handicap sur sa page Facebook, chef Omar a appris à dire « Merci », « qu’il ne sait pas être méchant » et « qu’il fera tout pour réaliser ses deux rêves »: chef cuisinier et manager de foot. Rien de moins.

En juin 2016, pendant le Ramadan, il a été invité chez l’ancien ambassadeur américain à Rabat, Dwight Bush, pour cuisiner des plats marocains. Dans un anglais impeccable, ponctué d’expressions en Darija, il a coaché l’ambassadeur dans la préparation de « Rfissa », un plat traditionnel fait de crêpes et de bouillon de poulet.

 

 

« Mais il a fait d’autres rencontres intéressantes », glisse sa mère. Entre autres, le chef El Hadi, star d’une émission culinaire diffusée sur la deuxième chaîne de télévision marocaine, Abdelkrim Rahal, le célèbre traiteur casablancais, et même Guillaume Gomez, le chef cuisinier du président français, François Hollande.

La réputation du petit cuistot marocain a donc dépassé les frontières. Il veut prouver sa différence. Et il y parvient, avec le sourire.

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