Crise au Burundi : la fuite des cerveaux vers le Rwanda en chiffres

La lauréate du Prix Nobel de la paix Malala Yousafzai visite le camp de réfugiés burundais de Mahama, au Rwanda, le 14 juillet 2016. © Ignatius Ssuuna/AP/SIPA

Selon les chiffres du HCR obtenus par Jeune Afrique, de nombreux intellectuels burundais en exil ont choisi le Rwanda comme pays de destination. Les paysans des collines, eux, ont préféré trouver refuge en Tanzanie.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En janvier 2017, selon le décompte du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) obtenu par Jeune Afrique, plus de 80 % des réfugiés burundais ayant un niveau universitaire étaient installés au Rwanda, soit 5 615 personnes sur un total de 6 885.

Toujours selon les mêmes chiffres, la Tanzanie constitue la première destination des Burundais candidats à l’exil, mais aussi de ceux qui n’ont pas fréquenté d’école dans leur parcours, soit 123 603 personnes. Ils constituent ainsi 57% du total des réfugiés, contre 35% pour le Rwanda, par exemple.

 

Intimidation politique

D’après Aloys Batungwanayo, à la tête de l’Association pour la Mémoire et la protection de l’humanité contre les crimes internationaux (Ampeci), le Rwanda a accueilli de nombreux réfugiés ayant pris le chemin de l’exil en raison de leur opposition au troisième mandat de Pierre Nkurunziza. « Ce sont pour une bonne partie d’entre eux des intellectuels de Bujumbura, la capitale », explique-t-il.

 

Pour la Tanzanie, poursuit le président de l’Amepci, « il s’agit surtout de paysans des campagnes qui ont fui les intimidations des jeunes militants des partis politiques, soit du CNDD-FDD, soit du FNL ( Front national de libération) d’Agathon Rwasa ». Et Aloys Batungwanayo de revenir sur un discours très répandu dans les collines du Burundi.

« Avec tout ce que le pays a déjà traversé, quand la population, avec sa mémoire blessée, entend parler de génocide en préparation, elle n’a d’autre choix que de prendre ses précautions. Ce qui ne signifie qu’une seule chose : fuir », lâche-t-il.

500 000 réfugiés d’ici la fin de l’année, selon le HCR

Selon la dernière mise à jour des chiffres du HCR, au mois d’avril, la Tanzanie reste de loin le premier pays à accueillir des réfugiés burundais, avec des effectifs de 237 393 personnes, sur un total qui s’élève à 401 428, soit près de 60% du total. Le Rwanda vient en seconde position avec 84 880 réfugiés (21%), suivi de la RDC (9%), de l’Ouganda (8,5%) et du Kenya (1%). « L’effectif total pourrait atteindre 500 000 d’ici la fin de l’année », prévient le HCR.